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Dans le cadre de l'exposition Christian Dior

François Vallée. Photo Laura Dumitriu © Musée McCord Museum, 2020

Des réserves à l’exposition : une création collective

Des artéfacts dorment dans les réserves. Dans leur ancienne vie, ces objets ne s’étaient jamais croisés, mais, au sein d’une exposition, ils vont ensemble raconter une histoire. Les voilà qui reprennent vie alors qu’autour d’eux se tisse un narratif grâce au travail passionné d’une multitude de gens.

Au tout début, un chargé de projet, des conservateurs, des restaurateurs, un scénographe et parfois un scénariste se réunissent autour des objets pour élaborer l’exposition. De la recherche sera faite sur les objets et leur contexte historique, puis un angle d’approche sera choisi pour concevoir une scénographie qui reliera tous les objets à travers les salles et créer une expérience pour le futur visiteur, m’explique François Vallée à qui j’ai demandé de me parler de la genèse d’une exposition.

Le chargé de projet et moi sommes assis sous un ciel gris à une des tables roses de la Forêt urbaine de la rue Victoria, qui longe le Musée McCord.

© Alexis Curodeau-Codère, 2020

Entrent ensuite en jeu les graphistes, préparateurs aux expositions, ébénistes, éclairagistes, spécialistes audiovisuels, médiateurs, le responsable du bâtiment et plein d’autres gens avec une expertise bien précise. À ce stade, mon rôle c’est de collaborer avec tous ces gens et les autres services du Musée comme la Gestion des collections, les Communications et l’Action éducative, citoyenne et culturelle afin qu’au bout du compte, tout le monde travaille ensemble en respectant l’échéancier, le budget et les valeurs du Musée.

Je l’observe s’illuminer quand il poursuit, passionné : Ce que j’aime le plus, c’est de travailler sur des projets variés, avec plein de gens différents. Comme les thématiques qu’on aborde sont diverses, mon travail évolue chaque fois et j’apprends toujours. Créer en équipe une expo comme Griffintown ou L’archiviste et voir, à la fin, le résultat après un an et demi de travail, c’est vraiment le fun. Avec l’exposition Christian Dior, c’est un peu différent parce qu’on accueille une expo itinérante. Cette dernière a initialement été conçue en 2017 par le Royal Ontario Museum (ROM). Après avoir voyagé ailleurs dans le monde, elle arrive cette fois à Montréal pour être présentée du 25 septembre 2020 au 3 janvier 2021 au Musée McCord.

Une équipe est arrivée de Toronto avec deux semi-remorques remplies d’objets. Tout le reste est fait ici, au Musée. Tout le reste, c’est la scénographie, le graphisme, le design et le montage. Et comme le Musée ajoute à l’exposition onze robes Dior de sa collection, il a aussi fallu écrire du nouveau contenu, fabriquer des mannequins sur mesure pour mettre en valeur les robes, restaurer ces dernières et les photographier. Ce n’est pas du tout un copié-collé de l’exposition au ROM, la disposition des salles est complètement différente et nous avons carte blanche pour la scénographie.

  • Image de gauche : mannequin fabriqué sur mesure pour la robe <i>Topaze</i>. © Musée McCord, 2020<br/>Image de droite : Robe d'après-midi, <i>Topaze</i>, Christian Dior, 1951. Don de Margaret Rawlings Hart, M967.25.87.1-2 © Musée McCord
  • Image de gauche : mannequin fabriqué sur mesure pour la robe <i>Mirza</i>. © Musée McCord, 2020<br/>Image de droite : Robe d'après-midi, <i>Mirza</i>, Christian Dior, 1951. Don de Honor G. Nesbitt, M973.127.7.1-3 © Musée McCord
  • Scénographie pour l'exposition <i>Christian Dior</i> © Lupien+Matteau, 2020
  • Scénographie pour l'exposition <i>Christian Dior</i> © Lupien+Matteau, 2020
  • Graphisme pour l'exposition <i>Christian Dior</i>. © Philippe Legris design, 2020
  • Graphisme pour l'exposition <i>Christian Dior</i>. © Philippe Legris design, 2020

Toutes confectionnées à la main par des artisans français au milieu du siècle dernier, les robes seront regroupées selon différents thèmes, de la délicate robe d’été à la somptueuse robe de bal, en passant par la robe de cocktail. Les robes de Dior sont toutes si élégantes et magnifiques que nous avons décidé de les présenter dans un espace lui aussi somptueux. Dans la plus grande salle, nous allons, par exemple, suspendre au plafond de grands tissus pour rappeler celui des robes. Je pense que ça va être vraiment très beau, me dit-il en souriant.

Tandis que l’entrevue s’achève, de fines gouttes de pluie s’échappent des nuages au-dessus de nous. François Vallée me salue et remonte vivement pour participer aux derniers préparatifs de l’exposition. Quant à moi, je regarde le ciel sans pouvoir m’empêcher de l’imaginer, soudain, tendu de soie gris perle.


Alexis Curodeau-Codère, stagiaire de la Factry
Alexis arpente le Musée à la rencontre de celles et ceux qui, chacun à leur manière, l’animent et le façonnent.
Septembre 2020

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