Documenter les débuts de la pandémie à Montréal : mission accomplie - Musée McCord
Salle d'attente et paysage emballé, Hôpital de Verdun (détail)
Michel Huneault, 2020

Documenter les débuts de la pandémie à Montréal : mission accomplie

Le photographe documentaire et artiste Michel Huneault s’est plongé au cœur des établissements de santé de Montréal pour immortaliser la pandémie.

23 février 2021

Au début de l’année 2020, les Montréalais suivaient de loin l’épidémie qui affligeait les Chinois de Wuhan, jusqu’à ce qu’un premier cas d’infection au coronavirus soit traité à l’hôpital de Verdun le 27 février. Le virus de la COVID-19 commençait à se propager à Montréal et avec lui, l’insécurité et la peur. S’en est suivi un confinement généralisé de la population du Québec à partir du 12 mars.

Devant ce phénomène sidérant, le Musée McCord a saisi l’urgence de documenter ce qui allait advenir. En tant que musée d’histoire sociale, gardien d’une collection photographique fondamentale sur l’histoire de Montréal, l’institution se devait de créer une archive visuelle de la pandémie, ici, dès maintenant. C’est au photographe Michel Huneault que le Musée confiait cette mission photographique remplie d’incertitude et de défis.

Ce mandat l’a conduit au cœur de la crise, dans les unités COVID des hôpitaux de Verdun et de Notre-Dame, ainsi qu’au CHSLD Maimonides. Accueilli au sein des équipes soignantes pendant plusieurs semaines, Huneault a pu photographier l’essentiel de la lutte vitale qui échappait aux Montréalais confinés et inquiets. Hors des murs des hôpitaux, il récolte aussi des témoignages et documente l’impact de la pandémie sur la vie dans la cité. Son travail offre à la réflexion ces deux points de vue extrêmement différents et contrastés.

L’initiative du Musée aura permis de doter la collection d’une série de photographies qui rappellent ce qui s’est passé durant les trois premiers mois de la pandémie – du 7 avril au 7 juillet 2020 –, période que nous avons déjà commencé à oublier ou qui a été intériorisée, emportés que nous sommes par les vagues successives de la contagion.

Le Québec a dépassé les 10 000 décès causés par le coronavirus, mais la vaccination progresse et il se sera bientôt écoulé une année entière depuis le début de notre premier confinement. Le moment semble opportun de partager ici quelques photographies du corpus de Michel Huneault. Lorsque les conditions le permettront, le Musée présentera une exposition conçue avec le photographe afin de réfléchir ensemble à ce traumatisme et de rendre hommage au personnel soignant, aux patients et aux familles qui ont collaboré à cette mémoire collective.

Salle d'attente et paysage emballé, Hôpital de Verdun
Michel Huneault, 2020
Soins personnels à l’étage d'hospitalisation COVID, Hôpital de Verdun
Michel Huneault, 2020
File d'attente, Costco Anjou
Michel Huneault, 2020
Unité de soins intensifs COVID aménagée temporairement dans la salle de réveil au 4e sous-sol, Hôpital Notre-Dame
Michel Huneault, 2020
Distanciation sociale au parc Laurier
Michel Huneault, 2020
Annexe temporaire érigée en réponse à la pandémie, Hôpital de Verdun
Michel Huneault, 2020
Cérémonie de départ des Forces armées canadiennes, CHSLD Saint-Andrew
Michel Huneault, 2020
Freda (95 ans), officiellement rétablie, quitte l’étage d’isolement COVID sous les applaudissements du personnel, CHSLD Maimonides
Michel Huneault, 2020
Témoignage anonyme
Michel Huneault, 2020
Flore et Léo
Michel Huneault, 2020
Le dernier souffle
Michel Huneault, 2020
Rue Sainte-Catherine, vue depuis le pont Jacques-Cartier
Michel Huneault, 2020

MICHEL HUNEAULT

Michel Huneault est un photographe documentaire et un artiste visuel. En plus de l’image fixe, il recourt à des éléments immersifs, avec un parti pris humaniste et intimiste. Il s’intéresse aux traumatismes collectifs, à la migration ainsi qu’à d’autres réalités géographiques complexes, telles que les conséquences des changements climatiques.

Michel Huneault détient une maîtrise de l’Université de Californie à Berkeley, où, en tant que « Rotary Peace Fellow », il s’est penché sur le rôle de la mémoire collective à la suite d’un traumatisme de grande ampleur. D’abord à Berkeley puis à New York, il a été élève et assistant du photographe Gilles Peress de l’agence Magnum. Avant de se consacrer entièrement à la photographie à partir de 2008, il a travaillé plus d’une dizaine d’années en développement international, une carrière qui l’a mené dans une vingtaine de pays, dont l’Afghanistan, où il a passé une année entière à Kandahar.

Son corpus sur la tragédie de Lac-Mégantic a reçu en 2015 le prix Dorothea Lange-Paul Taylor aux États-Unis. En 2016, le projet Post Tohoku, sur l’après-tsunami au Japon, a été mis en nomination pour le prix international Pictet 7 et a été récompensé d’un prix Antoine-Desilets au Québec. En 2018, sa série Roxham a été adaptée en œuvre de réalité virtuelle par l’Office national du film du Canada. Ses projets se construisent en différents chapitres et sont diffusés sur des plateformes complémentaires, des médias traditionnels aux espaces d’art contemporain.

Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien.

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