En bûcher un coup : La vie de bûcheron au Nouveau-Brunswick
Musée du Nouveau-Brunswick



Imaginez une rivière qui s'étend devant vous, comme il y en a tant au Nouveau-Brunswick. Sur la rive, vous apercevez un camp de bûcherons, un endroit où dormir, manger et se reposer un peu de la vie difficile dans les bois. Un peu plus loin, le travail de l'abattage, du débardage et du flottage du bois jusqu'à la scierie, d'où le bois de sciage sera expédié sur le marché, se déroule devant vous. À tout moment, un cri retentit dans vos oreilles : Timberrrrr!

Les abondantes forêts du Nouveau-Brunswick deviennent une importante source de bois brut pour la Grande-Bretagne, lorsque les guerres napoléoniennes du début des années 1800 viennent freiner l'approvisionnement traditionnel en provenance des pays baignés par la mer Baltique. Durant les mois d'hiver, les arbres sont abattus et rassemblés. Au printemps, les trains de bois sont transportés par flottage sur les rivières du Nouveau-Brunswick jusqu'aux scieries situées en aval ou le long de la côte. Les techniques de façonnage du bois se développent rapidement à la fin du XIXe siècle, facilitant la transformation du bois brut en toutes sortes de marchandises vendables comme des planches, des meubles décoratifs et même l'humble, mais néanmoins indispensable allumette.

La vie dans les camps de bûcherons est dure et dangereuse, mais elle donne naissance à une génération d'hommes robustes fiers de leurs capacités qui adhèrent à un code de conduite rigoureux régissant la vie en forêt. Les conditions de vie dans les camps de bûcherons sont pour le moins rudimentaires. Le travail du bûcheron du XIXe siècle, qui n'est pas syndiqué, dépend entièrement des conditions saisonnières et de la disponibilité de la lumière du jour. L'événement le plus palpitant au camp de bûcheron est sans doute la drave du printemps. Cet événement réunit tous les ingrédients d'une aventure excitante : un travail exaltant, de l'action à revendre, et le danger omniprésent à vous faire dresser les cheveux sur la tête.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, l'industrie forestière connaît sur le plan technologique une évolution rapide qui aura des répercussions sur la diète et les outils du travailleur, sur le transport des billes et l'efficacité des scieries. L'industrie forestière devient hautement mécanisée et fonctionne à longueur d'année. Les scieries produisant des produits finis du bois cèdent rapidement la place à une industrie des pâtes et papiers prospère, et le chemin de fer, la scie à chaîne, le tracteur, le camion et le moissonneur mécanique changent à tout jamais l'univers du bûcheron d'autrefois.