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Bon anniversaire Fanny! Histoire de jouets du 19e siècle

Musée du Nouveau Brunswick

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Introduction:

Musée du Nouveau Brunswick, 2005

Le 8 novembre 1861, la marine américaine arraisonne le navire postal britannique Trent dans les eaux neutres au milieu de l'Atlantique, à la recherche de deux émissaires confédérés délégués à Londres. Cette arrestation sans précédent des émissaires au mépris de la loi internationale soulève l'indignation en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord. Les États-Unis, alors en pleine guerre civile, refusent de présenter des excuses, ouvrant ainsi la porte à une guerre contre la Grande-Bretagne. En prévision des hostilités imminentes, les Britanniques dépêchent des milliers de troupes en Amérique du Nord.

Les lacunes du système de défense de la Grande-Bretagne en Amérique du Nord sont examinées minutieusement par les officiers militaires en poste au Canada, qui effectuent des recommandations sur les améliorations requises. Cet incident contribuera à la création de la Confédération, soit l'union de quatre colonies britanniques : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Québec.

À l'hiver de l'année 1862, alors qu'ils sont en route pour Montréal après avoir quitté Halifax, les Coldstream et Grenadier Guards, sous la direction du major-général Lord Frederic Paulet, sont cantonnés à Saint John. Là-bas, Paulet et ses troupes sont conviés à un banquet sous les auspices de M. William Jack, c. r. (conseiller de la reine)* et de son épouse Emma. Sa rencontre avec le major-général Lord Frederic Paulet inspire à Emma l'idée de transformer une simple poupée, cadeau pour le huitième anniversaire de sa fille Fanny, en Lady Blanche Paulet, nièce fictive d'un membre de l'aristocratie britannique.

Lady Blanche, semble-t-il, aurait été créée pour offrir à Fanny Jack un modèle lui permettant d'apprendre les nombreuses règles de l'étiquette et de la bienséance. La poupée fut en outre dotée d'une personnalité crédible et d'une histoire empreinte de romantisme, ce qui a sans aucun doute renforcé le respect et l'admiration que lui vouait Fanny. La survie de Lady Blanche et de sa garde-robe nous offre la chance extraordinaire d'examiner une facette de la société du milieu du 19e siècle, dont ses coutumes et son habillement, à une époque de grande fébrilité sur les plans politique et militaire.

* Un conseiller de la reine (initiales honorifiques c. r.) ou, durant le règne d'un souverain masculin, un conseiller du roi, est un avocat nommé en vertu de lettres patentes pour agir comme l'un des « conseillers de Sa Majesté versés en matière de droit ». Les conseillers de la reine ne sont pas regroupés au sein d'un ordre distinct et ne sont pas d'un niveau supérieur aux autres avocats. Toutefois, alors que les autres avocats sont appelés au barreau par leur inn of court (école de droit), les conseillers de la reine sont appelés au barreau par la cour. Ils représentent donc davantage qu'un simple rang professionnel, leur statut étant conféré par la couronne et reconnu par les tribunaux. Les conseillers de la reine ont le privilège de siéger au barreau de la cour, et portent des toges de soie au style particulier (d'où l'appellation anglaise de Silks [soie]).


1964.89
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Dessin
Le départ de St. John's
Henry Hope Crealock
1862, 19e siècle
Encre et blanc opaque
37.1 x 76.6 cm
1964.89
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

L'affaire du Trent est la crise diplomatique la plus grave entre les États-Unis et la Grande-Bretagne durant la guerre civile américaine. Il y avait à bord du navire britannique Trent deux émissaires, James Mason et John Slidell, représentant les États confédérés d'Amérique, un regroupement d'États qui s'étaient séparés des États-Unis au début de 1861. Mason et Slidell étaient partis de Cuba à destination de Londres avec pour mission d'obtenir des puissances européennes une reconnaissance diplomatique pour les Confédérés. Le 8 novembre 1861, le capitaine Charles Wilkes du San Jacinto, un bateau de la marine américaine, fait feu sur le Trent, arraisonne le navire et arrête Mason et Slidell. Cette violation des droits de visite en territoire neutre, au mépris flagrant de la loi internationale, soulève un tollé en Grande-Bretagne. Avec la menace grandissante d'un conflit entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, il devient de plus en plus important de renforcer les défenses militaires de la Grande-Bretagne dans ses dernières colonies d'Amérique du Nord. Si la guerre éclate, les colonies canadiennes seront sur la ligne de front du conflit militaire.

Au cours des semaines et des mois suivants, des milliers de soldats arrivent au Nouveau-Brunswick. Considérées comme des renforts à un système de défense inadéquat, les troupes sont les bienvenues et sont traitées avec le respect dû à une armée de défenseurs et de protecteurs. Si plusieurs des troupes restent au Nouveau-Brunswick, d'autres sont envoyées par voie terrestre au Québec et en Ontario afin de surveiller les défenses militaires au sein de ces colonies, comme l'illustre ce dessin.

Quoi:

Henry Hope Crealock (1831-1891), l'artiste, est au centre du dessin. Il porte des bottes foncées et un manteau de fourrure. Il est en train de négocier avec le fournisseur du traîneau.

Où:

Tout au long de son service militaire, l'artiste, Henry Hope Crealock, a accompagné l'armée britannique en Crimée, en Chine, en Inde, en Russie, en Autriche et dans le Zoulouland.

Quand:

Henry Hope Crealock, l'artiste, s'est enrôlé dans l'armée britannique en 1848 à l'âge de dix-sept ans.

Qui:

Bien que non visibles à moins de regarder l'image en gros plan, les noms des sujets sont indiqués sur le dessin : le colonel Henry Hope Crealock, l'artiste ; le colonel Shadwell ; le colonel Pearson des Grenadier Guards ; le général Rumley ; le major-général Lord Frederic Paulet ; le capitaine Grant Gordon des Scots Fusiliers Guards et le capitaine W.F. Seymour des Coldstream Guards.

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Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Tunique
Vers 1861, 19e siècle
23140
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Au début des années 1860, suite à l'éruption des tensions diplomatiques entre les États-Unis et la Grande-Bretagne au sujet de l'affaire du Trent, les Britanniques décident de renforcer leur système de défense inadéquat en Amérique du Nord. Le Nouveau-Brunswick et les autres colonies au Canada étant protégés essentiellement par des milices composées de volontaires, des milliers de troupes britanniques y sont envoyées pour assurer leur sécurité contre les armées américaines, bien préparées à la bataille en raison de la guerre civile qui fait rage dans leur pays. Une fois la crise passée, les officiers militaires britanniques sont restés au Canada pour faire des recommandations sur l'amélioration des défenses.

Le capitaine Robert Coupe a porté cette tunique d'apparat lorsque le 15e régiment d'infanterie (régiment d'East Yorkshire) était en service au Nouveau-Brunswick, de 1861 à 1870.

Quoi:

Cette tunique était portée avec une ceinturon de cuir verni blanc dont la boucle était ornée de l'insigne du régiment.

Où:

Formé en 1685, le 15e régiment d'infanterie a participé à la bataille des plaines d'Abraham de 1759, à la Révolution américaine et à la guerre des Boers en Afrique du Sud.

Quand:

Ce modèle de tunique a été ajouté à l'uniforme d'apparat de l'armée britannique après la guerre de Crimée de 1854-1856.

Qui:

Le capitaine Robert Coupe, qui deviendra major, est mort à Basingstoke, en Angleterre, le 23 décembre 1888.

X10391
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Famille royale
Vers 1861, 19e siècle
Papier albuminé - carte de visite
6.4 x 10.5 cm
X10391
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

An plus fort de la crise diplomatique entre les États-Unis et la Grande-Bretagne au sujet de l'affaire du Trent, le mari de la reine Victoria (1819-1901), le prince Albert (1819-1861), meurt subitement le 14 décembre 1861, à l'âge de 42 ans. Les rituels entourant les funérailles et le deuil détournent l'attention de la Grande-Bretagne dont la colère s'apaise à l'égard des États-Unis qui ont violé les droits de visite en territoire neutre.

La reine Victoria et le prince Albert, heureux parents de neuf enfants nés entre 1841 et 1857, avaient créé un noyau familial serré baignant dans le bonheur et l'harmonie - en apparence du moins. En plus d'assurer l'avenir de la monarchie britannique, leurs nombreux enfants ont permis la création d'alliances politiques par l'entremise de leur mariage avec des membres des maisons royales d'Europe.

La reine Victoria ne s'est jamais entièrement remise de la mort de son époux, et les 40 dernières années de son règne ont été marquées par l'austérité.

Quoi:

Cette carte de visite a été créée à partir de photographies individuelles des membres de la famille royale pour former une seule photographie composite.

Où:

Les cartes de visite représentant des politiciens et d'éminents personnages publics étaient très recherchées et conservées dans des albums spéciaux.

Quand:

Les cartes de visite ont été très populaires du milieu des années 1850 jusqu'aux années 1870.

Qui:

La reine Victoria a épousé Albert Augustus Charles Emanuel, prince de Saxe-Coburg-Gotha, le 10 février 1840.

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Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Trousse médicale
Vers 1860, 19e siècle
Bois et métal
30 x 15 cm
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Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

En janvier 1862, l'incident diplomatique entre les États-Unis et la Grande-Bretagne au sujet de l'affaire du Trent s'est quelque peu estompé. Les troupes britanniques, cependant, parcourent toujours le Nouveau-Brunswick pour renforcer les défenses dans le centre du Canada. Les journaux locaux rapportent l'ampleur et le nombre des mouvements de troupes. Le 31 janvier 1862, on peut lire dans le New Brunswick Reporter que 700 « Great Guns » sont partis de Saint John pour se rendre à Fredericton, puis à Woodstock. Quelques jours plus tard, le même journal signale le passage de plus de 40 unités de troupes et de 200 chevaux. En mars 1862, les casernes des soldats à Fredericton doivent être agrandies pour pouvoir accueillir les nombreuses troupes qui s'arrêtent dans la ville.

Malgré la robustesse des hommes, le déplacement des troupes est pénible au plus fort de l'hiver, d'où la nécessité d'une trousse médicale comme celle-ci. Un autre journal de Fredericton, le Headquarters, rapporte en janvier 1862 que deux soldats qui étaient partis de Saint John ont dû être hospitalisés dès leur arrivée à Fredericton en raison de graves engelures. Le journal signale également que les soldats, entassés dans des traîneaux pendant quatre ou cinq heures entre les arrêts, arrivent souvent à Fredericton dans des casernes froides où ils doivent attendre pendant 12 heures avant de recevoir leur premier repas. Ces inconvénients sont toutefois tempérés par l'accueil enthousiaste et les adieux chaleureux de la foule à l'arrivée et au départ des troupes.

Quoi:

Superbement présentée dans un boîtier en acajou doublé de velours, cette trousse chirurgicale comprend un tourniquet, des scalpels, des pointes de différentes tailles ainsi qu'une égoïne à l'aspect menaçant.

Où:

Bien que cette trousse chirurgicale provienne sans doute d'Europe, des trousses semblables étaient fabriquées en grande quantité aux États-Unis au milieu du 19e siècle.

Quand:

Fait étonnant, les mouvements de troupes étaient plus faciles en hiver que durant les autres saisons parce que les voies navigables gelées offraient des routes plus directes tout en facilitant le passage des traîneaux.

Qui:

Selon certains documents, cette trousse médicale serait tombée lors d'un transport de soldats à l'hiver 1862, et aurait été trouvée par un fermier qui l'aurait ensuite vendue au Dr Mott, un médecin de Saint John.

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Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Lord Frederic Paulet, le capitaine George G. Gordon et le capitaine Seymore
William Notman
1862, 19e siècle
10.3 x 6.3 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
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Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Voici une petite photographie carte de visite représentant trois des officiers dépêchés par le gouvernement de la Grande-Bretagne en Amérique du Nord britannique en 1861 pour faire des recommandations sur la défense des colonies. Les hommes étaient en charge des troupes qui débarquaient à Halifax, en Nouvelle-Écosse, qu'ils devaient ensuite mener en toute sécurité jusqu'à Montréal, au Québec. Lorsqu'elles étaient à Saint John, au Nouveau-Brunswick, les troupes ont été conviées à un banquet organisé sous les auspices de M. William Jack, c. r. (1811-1886). Comme geste de courtoisie et pour rappeler le séjour des troupes au Nouveau-Brunswick, Lord Frederic Paulet, l'un des commandants, a transmis ses amitiés à la famille Jack dans une petite note accompagnant cette photographie carte de visite.

Ces objets-souvenirs, conservés précieusement par la famille Jack, ont donné à Emma (1825-1895), l'épouse de William Jack, l'idée de transformer une simple poupée en Lady Blanche Paulet, nièce fictive d'un membre de l'aristocratie britannique. La poupée devait souligner de façon spéciale le huitième anniversaire de leur quatrième fille, Frances Allen Jack (1854-1913), affectueusement appelée Fanny.

Quoi:

Des blancs d'oeuf étaient utilisés pour préparer le papier albuminé servant à l'impression photographique.

Où:

Cette photographie a été prise à Montréal, au Québec, après le long trajet réalisé en plein hiver depuis Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Quand:

Cette photographie accompagnait une lettre datée du 23 mars 1862 adressée à William Jack.

Qui:

William Notman (1826-1891), le photographe, possédait et dirigeait un vaste empire de studios de photographie au Canada et aux États-Unis.

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Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Dessin
« Carrig Leagh », résidence de la famille Jack, Portland, Saint John, Nouveau-Brunswick, vers 1861
Alice Delacour Jack
Vers 1901, 20e siècle
Encre sur papier
15.2 x 22.5 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
22243
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Quelques années après leur mariage en 1840, William Jack (1811-1886) et Emma Carleton Kenah (1825-1895) font construire un grande maison à Portland, jadis une banlieue de Saint John, au Nouveau-Brunswick. Ils désignent leur domaine sous le nom de Carrig Leagh, un terme irlandais désignant les grandes falaises de pierre grise qui bordent la propriété. Onze enfants naîtront au sein de la famille Jack, et leurs cris de joie - et parfois de colère - emplissent la maisonnée. La famille Jack habitera cette propriété pendant près de 40 ans, jusqu'à ce qu'elle soit vendue au shérif Sturdee en 1880.

Quoi:

Dans les années 1850, Carrig Leagh a accueilli de nombreux festivals en plein air organisés pour les enfants de l'école du dimanche.

Où:

Isaac Allen Jack (1843-1903), le frère aîné de Fanny, a écrit une série d'articles sur la vie à Portland qui ont été publiés en 1899 dans The New Brunswick Magazine.

Quand:

L'architecte Edwin Fairweather, de Saint John, a dessiné Carrig Leagh en 1844.

Qui:

Ce dessin de Carrig Leagh est l'oeuvre d'Alice Delacour Jack (1847-1921), la soeur aînée de Fanny Jack (1854-1913).

14083.7
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Scierie de South Bay, Saint John, Nouveau-Brunswick
Vers 1865, 19e siècle
Papier albuminé monté sur carton
17.2 x 21.2 cm
Don de Cecelia Jessie Hilyard
14083.7
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

L'univers dans lequel évolue la famille Jack de Saint John semble idyllique, du moins en apparence. L'économie du Nouveau-Brunswick est en plein essor grâce à l'exploitation forestière, à l'agriculture et aux industries connexes. Pendant des décennies, les immenses forêts de la province assurent la prospérité des habitants. Le vaste réseau de voies navigables donne accès aux grandes concessions forestières, et les progrès de la technologie des machines à vapeur facilite le traitement et la préparation du bois pour l'exportation. Une partie de la production agricole est également destinée à l'exportation.

Lorsqu'on regarde la scène bucolique de cette photographie, rien n'indique qu'au début des années 1860, le Nouveau-Brunswick est la scène de manoeuvres militaires internationales et qu'il doit composer avec la perspective très plausible d'une guerre contre les États-Unis voisins.

Quoi:

Un champ de blé est visible au premier plan.

Où:

South Bay est situé dans le secteur ouest de Saint John, au Nouveau-Brunswick, le long de la rivière Saint John.

Quand:

La date de cette photographie a été établie d'après l'habillement des gens figurant au premier plan.

Qui:

Cette photographie ainsi que 10 autres représentant des scieries et des scènes d'exploitation forestière ont été données au Musée du Nouveau-Brunswick en 1930 par Cecelia Jessie Hilyard (1840-1934), fille d'un des propriétaires de la scierie de South Bay.

9692
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Market Slip, Saint John, Nouveau-Brunswick
Vers 1863, 19e siècle
Papier albuminé monté sur carton
20.6 x 24.5 cm
Don de la Succession Wilhelmina Smith
9692
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Au milieu du 19e siècle, la ville de Saint John, où habite la famille Jack, bourdonne d'activité. C'est à la fois un centre social et économique du Nouveau-Brunswick. Outre l'exploitation forestière et l'agriculture, la construction navale et le commerce de l'expédition assurent une grande prospérité à la province. Market Slip, situé sur la rive du port de Saint John, est l'un des principaux carrefours d'importation et d'exportation de la province. L'endroit est également traditionnellement identifié comme le site du débarquement du premier contingent des Loyalistes de l'Empire-Uni, le 18 mai 1783. Bordé de chaque côté par des magasins et des commerces, Market Slip jouera un rôle clé dans la vie économique de la ville et de la province. Vu ici à marée haute, avec des voiliers accostés et des charrettes alignées sur le square adjacent, Market Slip déborde d'activité. Les marchandises doivent être chargées et déchargées des navires, et les passagers attendent l'heure de l'embarquement. Des ouvriers et des marins sans emploi se retrouvent souvent à cet endroit dans l'espoir d'y trouver du travail.

Quoi:

Un haquet, que l'on peut voir sur la photo, était une charrette à quatre roues tirée par un cheval et munie d'une plate-forme basse facilitant le chargement et le déchargement des marchandises.

Où:

Cette vue a été prise depuis un étage supérieur d'un bâtiment situé à l'angle des rues Prince William et King, à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Quand:

Cette photographie a été donnée en 1926 par la Succession Wilhelmena Smith à la Société d'histoire naturelle, devenue plus tard le Musée du Nouveau-Brunswick.

Qui:

Paul Bedell a effectué le levé sur le terrain et établi le plan de la ville de Saint John, incluant Market Slip, en 1783.

X4539
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Jeune inconnue
Joseph N. Durland
1857-1862, 19e siècle
Ambrotype
9.5 x 8.3 cm
X4539
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

La ville de Saint John étant un important centre économique et social dans les années 1860, les dames qui viennent de familles aisées ont accès aux dernières modes. Les styles vestimentaires alors en vogue se reflètent dans la garde-robe miniature de Lady Blanche Paulet, poupée offerte à Fanny Jack lors de son huitième anniversaire de naissance.

Ce double ambrotype montre deux jeunes femmes très élégantes vêtues à la dernière mode du début des années 1860. Sur l'image de gauche, la jeune femme porte une robe de soie à rayures horizontales formée d'un corsage et d'une jupe séparés. Le corsage boutonné à l'avant est pourvu de larges manches pagodes et de courtes épaulettes ornées de bandes de velours et d'une frange de soie. Des fausses manches blanches et un col brodé enjolivent le corsage. La jupe est abondamment plissée au niveau de la ceinture. Sur l'image de droite, la jeune femme porte une jaquette de soie de couleur foncée sur une jupe à rayures verticales. La jaquette a des manches pagodes garnies de bandes de velours. Les cheveux de la jeune femme sont maintenus par une résille, ou filet à cheveux, accessoire féminin très populaire dans les années 1860. Les ambrotypes ont été montés dans des passe-partout ovales embossés. Une touche de rose a été ajoutée sur les joues et les bijoux ont été rehaussés de doré.

Quoi:

Un ambrotype était un négatif tiré sur une petite plaque de verre permettant de supporter l'émulsion argentique sensible.

Où:

Le studio de Durland était situé au 32, rue Germain à Saint John, Nouveau-Brunswick.

Quand:

La plupart des ambrotypes produits au Nouveau-Brunswick ont été réalisés entre 1857 et 1862.

Qui:

En 1860, Joseph N. Durland est devenu Freeman of the city (citoyen d'honneur) de la ville de Saint John en 1860. Il était inscrit dans les registres comme ambrotypiste.

10761
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Service à thé de poupée
Livesley, Powell & Company
1851-1866, 19e siècle
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10761
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Les enfants de William (1811-1886) et Emma Jack (1825-1895) étaient très choyés, comme en témoigne ce service à thé pour enfant. Au 19e siècle, les familles aisées commencent à équiper la nursery des enfants de services de vaisselle de petites dimensions conçus pour un usage quotidien. S'ils ne mangent pas en compagnie de leurs frères et soeurs aînés et de leurs parents, il n'en reste pas moins que les jeunes enfants prennent leur repas avec autant d'élégance. Les services de vaisselle servent un but à la fois éducatif et pratique. Ils sont conçus pour apprendre l'étiquette aux jeunes enfants en attendant qu'ils puissent se joindre aux adultes dans la salle à manger. Ils servent en outre à enseigner aux jeunes filles comment s'acquitter correctement de leur futur rôle d'hôtesse dans leur propre foyer. Dans une famille comme celle de M. et Mme Jack, où il n'y avait pas moins de sept jeunes filles dont il fallait faire l'éducation entre 1850 et 1860, les leçons devaient être continuelles.

Fabriqués en porcelaine ou en faïence, les services imitent à la perfection les services pour adultes, dont ils reprennent les styles et les motifs. Habituellement, le même fabricant produit les versions pour enfants et pour adultes d'un modèle donné. Les fabricants britanniques offrent souvent des modèles dont le motif produit par décalcomanie recouvre toute la surface, comme c'est le cas ici. Les fabricants allemands, quant à eux, se spécialisent dans les images d'enfants ou d'animaux aux couleurs vives, reproduites par décalcomanie.

Quoi:

Ce service de vaisselle comprend quarante-cinq pièces, dont des terrines, des plats de service, des saucières et des assiettes de différentes grosseurs.

Où:

Le fabricant de ce service, Livesley Powell & Co., possédait un atelier à Hanley, dans le Staffordshire, en Angleterre, un centre de production de céramique fine.

Quand:

Au 20e siècle, les services de vaisselle miniatures étaient essentiellement utilisés comme jouets, et la plupart étaient produits au Japon.

Qui:

La compagnie Livesley Powell & Co. D'Angleterre a été créée en 1845 par William Livesley et Edwin Powell, potiers, et Frederick Bishop, un avocat qui avait de l'argent à investir.

21978
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Jouet
Coq
Vers 1860, 19e siècle
24 x 10.7 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
21978
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Les gens de l'époque victorienne, dont la famille Jack, accordent beaucoup d'importance aux valeurs éducatives et ludiques des jouets. Fascinés par la technologie et les dispositifs mécaniques, les parents offrent à leurs enfants des livres et des casse-têtes éducatifs pour stimuler leur curiosité. Avec le développement des nouvelles technologies, les jouets deviennent de plus en plus complexes. Les nouveaux matériaux et méthodes de fabrication permettent également une production accrue de jouets vendus à prix raisonnable, ce qui les rend accessibles à une plus grande partie de la population. William (1811-1886) et Emma Jack (1825-1895) faisaient preuve de créativité et d'originalité en ce qui a trait aux jouets qu'ils offraient à leurs 11 enfants. La base sur laquelle repose ce jouet à pousser, représentant un coq aux couleurs vives, est munie d'un dispositif de bruitage qui offrait à l'enfant une expérience à la fois auditive et visuelle.

Quoi:

Ce jouet en papier-mâché a été peint de manière à imiter le grain du bois.

Où:

À l'époque victorienne, la garde et l'éducation des jeunes enfants étaient souvent confiées à une bonne d'enfants ou une gouvernante qui s'occupait des enfants dans la nursery.

Quand:

Ce jouet est entré dans la collection du Musée du Nouveau-Brunswick en 1934 après le décès de Helen Ramsay Jack (1861-1934), la plus jeune soeur de Fanny Jack.

Qui:

Ce jouet a sans doute appartenu à William Arthur Jack (1859-1926), le plus jeune frère de Fanny Jack (1854-1913).

10769.2
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Lettre (jouet)
Lettre de Lady Blanche Paulet à Frances Allen Jack
Emma Carleton Jack
24 avril 1862, 19e siècle
Encre sur papier
11.5 x 15.2 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.2
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Imaginez la surprise et la joie de Fanny Jack (1854-1913) lorsqu'elle reçoit une lettre de Lady Blanche Paulet, une aristocrate britannique ayant vécu en France, carrefour mondial de la mode. La lettre fait même mention du capitaine George C. Gordon, des Scots Fusilier Guards, qui avait posé avec l'oncle de Lady Blanche, Lord Frederic Paulet, pour la photographie carte de visite que la famille avait reçue un mois plus tôt. À son insu, la mère de Fanny, Emma Jack (1825-1895), avait élaboré un adroit stratagème pour doter la poupée d'une personnalité fictive et veiller à ce que sa fille reçoive un cadeau inestimable.

Mlle Fanny Allen Jack
Carrig Leagh
Saint John
Nouveau-Brunswick
Lettre rédigée à bord du
bateau à vapeur « America »
Le 27 avril

Vous serez sans doute étonnée de recevoir une lettre de moi, et le serez davantage en apprenant que j'ai l'intention de profiter de votre grande hospitalité et de vous demander de m'accueillir chez vous aussi longtemps que vous voudrez bien m'offrir le gîte. Mais, oh! très chère Fanny, je vous prie d'accéder à ma requête car je suis certaine que nulle part ailleurs pourrais-je trouver le bonheur et le repos que j'ai cherchés en vain (depuis que je ne suis plus qu'une orpheline sans défense ballottée par les vagues de la vie), qu'au sein de votre charmante famille où la quiétude, j'en suis convaincue par la description que m'en a faite mon cher oncle, n'est jamais troublée par les cris d'enfants bruyants et querelleurs qui sont terriblement oppressants pour une personne au tempérament nerveux comme le mien. Mais permettez-moi de vous expliquer les circonstances de ma venue en Amérique, qui n'est nullement due à une quelconque négligence de la part de mon oncle bien aimé, Lord Frederic Paulet, que non! C'est que je ne pouvais supporter l'idée de demeurer près de la scène de ma douloureuse perte, et l'hiver dernier, à mon retour de France où je venais de passer deux ans avec ma gouvernante, mon oncle m'a conseillé de me rendre dans les colonies et m'a promis de me laisser savoir s'il trouvait une gentille jeune fille qui saurait faire preuve de bonté à mon égard. Convaincu, après avoir fait votre connaissance, d'avoir trouvé en vous la personne qu'il recherchait, il m'a demandé de venir. Espérant que vous éprouverez pour moi la même affection que j'éprouve déjà pour vous, et vous priant de transmettre mon amour à votre jeune soeur, celle que vous appelez le « Petit chaperon rouge » dont mon oncle m'a souvent parlé, ainsi que mes amitiés les plus sincères au reste de la famille,
Je demeure votre tout dévouée,
Blanche Paulet

P.S. J'ai été peinée d'apprendre du capitaine Gordon, qui fait partie de l'état-major de mon oncle et pour lequel j'éprouve une grande affection, que votre soeur Edith n'aime pas les Écossais.

Quoi:

Le lettre de Lady Blanche laisse sous-entendre qu'elle aurait peut-être été écrite pour régler certains petits problèmes de comportement chez la propriétaire de la poupée.

Où:

L'America, qui a réellement existé, est parti de Liverpool, en Angleterre, le 19 avril 1862 et est arrivé à Halifax le 2 mai 1862.

Quand:

Emma Jack s'est donné beaucoup de mal pour faire coïncider l'arrivée de la lettre avec celle d'un véritable bateau, aux alentours de la date d'anniversaire de Fanny, le 5 mai 1862.

Qui:

En comparant l'écriture de la lettre de Lady Blanche avec celle d'autres lettres déposées aux dossiers de la famille Jack (MNB), il ne fait aucun doute qu'Emma Jack est bien l'auteure de la lettre.

10769.3
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie (jouet)
Lady Blanche Paulet
1862, 19e siècle
7.3 x 6.2 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.3
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Ce petit ambrotype représente la poupée Lady Blanche Paulet, vêtue des pieds à la tête pour une promenade ou une sortie dans les magasins. Elle porte une pratique robe de voyage, une cape de laine, un chapeau de paille bordé de tulle ainsi que des chaussures de cuir couleur bronze. Elle transporte une petite boîte dans une poche et un mouchoir de dentelle plié avec soin dans l'autre. Un petit panier autochtone est caché par le passe-partout de cuivre embossé de l'ambrotype. Celui-ci repose dans un petit étui en bois doublé de velours et recouvert de papier qui a été peint et embossé.

Quoi:

Une touche de peinture dorée a été apposée sur cet ambrotype afin de rehausser la broche portée par Lady Blanche Paulet durant la séance de pose.

Où:

Des étuis décoratifs pour ambrotypes étaient fabriqués en série aux États-Unis.

Quand:

En 1862, il y avait sept studios de photographie à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Qui:

George P. Roberts, l'un des photographes les plus réputés de Saint John, au Nouveau-Brunswick, a pu produire cet ambrotype dans son nouveau studio de photographie, le Prince of Wales Ambrotype Rooms.

10769.1
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Poupée
Lady Blanche Paulet
1862, 19e siècle
69.5 x 22.5 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.1
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Au 19e siècle, plusieurs pays fabriquent des poupées de cire. Cependant, les poupées anglaises sont de fabrication supérieure, et il n'est pas rare de trouver des têtes de poupées vendues séparément des corps manufacturés assortis. À cette époque, bon nombre des poupées-mannequins de fabrication française sont vendues avec une garde-robe complète et des accessoires, mais les têtes utilisées sont importées d'Angleterre, où elles sont produites en grande quantité.

La tête de Lady Blanche Paulet se compose de cire translucide sur une forme en composition recouverte de papier peint. Les yeux ovales sont en verre laiteux. Les narines et la bouche légèrement modelées sont accentuées par une touche de peinture sous la couche de cire. La couleur du visage s'est estompée et il ne reste maintenant que des vestiges des lèvres et des sourcils peints. Sa coiffe de cheveux humains, nouée et attachée à une bande de tissu brun foncé, est fixée à la coquille de la tête par de minuscules épingles.

Comme c'était souvent le cas, le corps de la poupée a été fabriqué à la main. Fait d'une seule pièce, il présente plusieurs des caractéristiques des poupées du milieu du 19e siècle. Les coutures ont été réalisées au point avant et la couture principale du torse descend verticalement le long du centre du dos. Des fronces sur les côtés forment la taille de la poupée. La couture verticale sur la poitrine indique l'ouverture par laquelle le corps et les jambes ont été remplis de sciure de bois. Les hanches ont été cousues au point de bâti pour créer une articulation en charnière plate. De chaque côté, des pinces donnent une légère forme aux hanches. La section des bras allant jusqu'aux coudes est en chevreau et le reste est en coton. Les bras, également remplis de sciure de bois, ont été cousus au corps au niveau des épaules. Les avant-bras présentent une couture sur le côté externe et se terminent par des mains formées de quatre doigts et d'un pouce opposé.

Quoi:

Le chevreau est fabriqué à partir de la peau douce et souple des jeunes chèvres.

Où:

La plupart des poupées à tête de cire étaient fabriquées en Angleterre, en France et en Allemagne.

Quand:

Très populaires entre 1840 et 1870, les poupées à têtes en composition recouvertes de cire étaient fabriquées en grande quantité.

Qui:

Cette poupée a pu être achetée au magasin de F. A. Cosgrove à Saint John, au Nouveau-Brunswick, qui vendait des poupées de cire, de chevreau de tissu et de bois en 1862.

10769.35
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Robe de poupée
1862, 19e siècle
Laine et coton
72 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.35
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Confectionnée dans du coton et de la laine à armure gaze, la robe de voyage de Lady Blanche Paulet présente différentes teintes de brun. Froncée à la taille en une série de huit plis creux, la jupe se termine par deux volants plissés bordés d'un ruban de soie brun foncé. Deux petites poches garnies de ruban de soie ornent le devant de la jupe. La robe est munie d'un corsage à taille circulaire doublé de mousseline qui s'ouvre à l'avant. Le devant est garni de six grelots en velours de soie brun foncé. L'encolure est bordée d'un col de mousseline brodé. De petites épaulettes passepoilées de soie et des poignets de mousseline brodés enjolivent les manches.

Quoi:

Le grelot est un bouton décoratif pendant dont la forme rappelle celle d'une cloche.

Où:

Des activités comme la marche étaient facilitées par les nouvelles méthodes de confection de ces volumineuses jupes, qui nécessitaient un bon sens de la navigation!

Quand:

Cette robe est celle que portait Lady Blanche pour la séance de pose de l'ambrotype.

Qui:

Helen McNelly, qui vivait à Portland près de la famille Jack, s'annonçait comme couturière et a pu participer à la confection de la garde-robe de la poupée.

10769.4
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Robe de poupée
1862, 19e siècle
Soie et coton
75 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.4
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

La robe de jour en soie verte de la poupée Lady Blanche Paulet présente un simple corsage qui s'ouvre à l'avant jusqu'à l'encolure, garni de trois boutons recouverts de soie mauve. Les manches pagodes sont fendues jusqu'aux épaules et agrémentées de volants de soie mauve assortis au volant et aux boutons de la jupe. La jupe est froncée à l'arrière pour former un ample pli central, et elle est bordée d'un volant dentelé de soie mauve. Deux rangées de trois boutons recouverts de soie mauve garnissent le devant. La ceinture de soie mauve, de style suisse, se termine en pointe en haut et en bas de la taille, sur le devant et l'arrière de la jupe. Elle est également garnie de trois boutons, cette fois recouverts de soie verte. De fausses manches bouffantes détachables en tulle, appelées engageantes, et un col de dentelle étaient portés en guise d'accessoires.

Quoi:

Ce nouveau style de jupe, dont les côtés étaient formés de panneaux à godets ou en triangle, était moins coûteux à produire car il nécessitait moins de tissu.

Où:

La robe de jour était portée pour recevoir des invités en après-midi ou à l'occasion d'un goûter dînatoire dans le salon.

Quand:

Une robe de jour en soie était portée plus tard durant la journée. Les dames passaient habituellement la matinée en robe de chambre.

Qui:

Horsfall & Sheraton, un commerce situé sur la rue King à Saint John, au Nouveau-Brunswick, importait de la soie, des lainages, du coton et du lin, soit les tissus qui ont servi à la confection de cette robe.

10769.7
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Robe de poupée
1862, 19e siècle
Soie
72 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.7
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

La robe de bal de Lady Blanche Paulet témoigne de la vogue des ornements de couleurs et de tissus contrastants typique du début des années 1860. La jupe de la robe en tulle blanc est bordée d'une large bande bouffante décorée de bandelettes verticales d'organdi turquoise et d'appliques de lamé et de feuilles enroulées. Sous la jupe, un jupon d'organdi rigide permettait de maintenir l'ampleur de la jupe. Coupé en bas de l'épaule, le corsage à ouverture arrière est bordé de dentelle mécanique, et les courtes manches sont garnies d'une frange de soie bleue. La berthe de tulle assortie, sorte de col tombant très bas ou de châle porté autour des épaules et par-dessus le décolleté, est garnie d'une frange de soie bleue, de rosettes et de fausses perles. Une ceinture de style suisse en soie moirée bleue souligne la finesse de la taille. Un rang de perles, des pantoufles de soie blanche et une coiffure décorée d'organdi turquoise et de fausses perles complètent l'ensemble.

Quoi:

Un éventail de papier argent et un porte-bouquet perlé faisaient partie des accessoires complétant la tenue de soirée de Lady Blanche.

Où:

Lors d'événements mondains comme les bals ou les réceptions, les dames étaient tenues de porter des robes au décolleté profond garnies de manches courtes.

Quand:

Les bals officiels commençaient très tard dans la soirée et se prolongeaient souvent jusqu'aux petites heures du matin.

Qui:

Afin de prendre en note les invitations à danser de leurs admirateurs, les jeunes femmes transportaient un carnet de bal dans lequel elles inscrivaient le nom de leur partenaire pour chaque danse.

10769.19
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Col de poupée
1862, 19e siècle
Coton
2 x 9 x 10 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.19
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Au milieu du 19e siècle, l'utilisation de la dentelle dans la confection des vêtements est un symbole de richesse. Grâce aux nouvelles méthodes de fabrication, un plus grand nombre de femmes sont désormais en mesure de se procurer de la belle dentelle à un prix somme toute raisonnable. Ce petit col de dentelle aux fuseaux imite à la perfection l'accessoire grandeur nature que portent invariablement les femmes lorsqu'elles posent pour un portrait ou une photographie entre 1850 et 1860. Ce col de poupée, qui était détachable, pouvait être lavé, repassé, réparé et ajouté à plusieurs robes différentes.

Quoi:

Un autre morceau de la même dentelle a été utilisé pour garnir l'un des mouchoirs de Lady Blanche.

Où:

La dentelle aux fuseaux fabriquée à Le Puy, en France, reproduisait les modèles de dentelle les plus coûteux produits dans d'autres régions d'Europe.

Quand:

Lors de la Grande Exposition de 1851 qui a eu lieu à Londres, en Angleterre, le prince Albert (1819-1861) a offert de fortes récompenses pour les meilleures innovations et machines servant à la confection de la dentelle.

Qui:

Au milieu du 19e siècle, près de 130 000 personnes habitant à Le Puy, en France, travaillaient dans des manufactures de dentelle.

10769.21
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Bas de poupée
1862, 19e siècle
Laine
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.21
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Dans les années 1860, les bas de couleurs sont du dernier cri. Outre leur couleur, ils sont décorés d'un motif tissé ou brodé sur le côté. Pour la tenue du soir, on porte des bas de soie plus longs tenus par des jarretelles. Ces bas miniatures tricotés à la main sont une réplique exacte des bas grandeur nature. Les rayures verticales ajourées et le talon exécuté à la perfection témoignent de l'habileté de la tricoteuse. La garde-robe de la poupée Lady Blanche comprenait deux paires de bas identiques.

Quoi:

Grâce aux nouvelles teintures chimiques, l'industrie textile disposait maintenant d'une vaste gamme de couleurs.

Où:

Malgré son nom, le fil d'Écosse était fabriqué à l'origine à Lille, en France. Il était abondamment employé dans la production de bonneterie.

Quand:

Les machines servant à tricoter des bas figurent parmi les premières innovations technologiques de la révolution industrielle.

Qui:

Dans les années 1860, les jeunes filles apprenaient le tricot et les travaux d'aiguille à la maison et à l'école.

10769.29
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Jupon de poupée
1862, 19e siècle
Coton
50 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.29
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Ce jupon de poupée de coton fin froncé en petits plis à la taille s'attache à l'aide d'un minuscule bouton de nacre. La marque de buanderie « Blanche Paulet » a été inscrite à l'encre de Chine noire sur la ceinture. Le large ourlet du jupon contribuait à maintenir l'ampleur de la jupe de soie sous laquelle le jupon était porté. L'ourlet du jupon est bordé d'une bande de frivolité de confection supérieure.

Quoi:

En plus de son jupon, Lady Blanche portait une chemise, une culotte et une camisole en guise de sous-vêtements.

Où:

Les jupes portées pour la marche étaient souvent relevées au moyen de différents cordons et boutons de manière à montrer le jupon.

Quand:

Ce n'est que dans les années 1850, et avec la popularité de la crinoline, que les sous-vêtements sont devenus des articles courants de la garde-robe féminine.

Qui:

Les marques de buanderie avaient pour but d'aider le propriétaire de la buanderie à restituer les vêtements au bon propriétaire.

10769.36
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Crinoline (jouet)
1862, 19e siècle
40.5 x 39 x 30 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.36
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

La crinoline, ou jupe à paniers, prouve que la poupée Lady Blanche Paulet était vêtue à la toute dernière mode. À la fin des années 1850, la crinoline devient un élément indispensable de toute garde-robe élégante. Fabriquée de cerceaux en acier à ressorts recouverts de coton et retenus ensemble par cinq bandes de ruban, cet accessoire a remplacé les nombreuses couches de jupons auparavant nécessaires pour obtenir l'ampleur de la jupe, alors du dernier cri.

Quoi:

On utilisait le même acier que celui des ressorts de montres pour fabriquer les jupes à paniers.

Où:

En Angleterre, un brevet pour une jupe à paniers en caoutchouc gonflable a été déposé en 1856.

Quand:

En 1871, il y avait deux fabricants de jupes à panier à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Qui:

En 1862, F. A. Cosgrove annonçait la vente de cages à cerceaux dans son magasin d'articles de fantaisie de Saint John, au Nouveau-Brunswick.

10769.20
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Chaussures de poupée
1862, 19e siècle
Cuir et coton
6 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.20
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Puisque la garde-robe de cette poupée avait pour but d'imiter tous les aspects de la vie quotidienne, ces chaussures de voyage ont été confectionnées de façon identique à leur version grandeur nature. Les chaussures, avec leur empeigne de cuir brun foncé et leur doublure de lin blanc, sont garnies d'un ruban de gros-grain brun foncé assorti à la robe de voyage de Lady Blanche Paulet. Au début des années 1860, les chaussures sont très basses ou dépourvues de talons. Les chaussures de couleur, notamment le chevreau de couleur bronze, sont très populaires.

Quoi:

Ce n'est que plus tard au 19e siècle qu'il est devenu courant de fabriquer des chaussures munies de semelles gauches et droites.

Où:

Dans les années 1860, l'empeigne de la chaussure était souvent décorée d'un motif brodé de couleurs contrastantes.

Quand:

À la fin des années 1850, la reine Victoria a lancé la mode des bottes de marche appelées balmorals.

Qui:

S.K. & G.L. Foster étaient des fabricants et des dépositaires de bottes et de chaussures à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

10769.13
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Pantoufles de poupée
1862, 19e siècle
Soie et coton
6.5 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.13
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Dans les années 1860, les pantoufles de satin blanc sont un incontournable de la garde-robe de toute dame élégante. Ces pantoufles de poupée, avec leurs semelles de chevreau blanc, sont garnies d'organdi turquoise et de fausses perles. La vogue des pantoufles de satin blanc, qui symbolisent la douceur féminine, a été lancée par la reine Victoria (1819-1901) qui en portait pour son mariage en 1840.

Quoi:

Des pantoufles usées après un bal attestaient du grand succès de la soirée.

Où:

Les expositions publiques présentaient souvent des poupées avec leur garde-robe complète. Ces événements avaient parfois pour but d'amasser des fonds pour une bonne cause.

Quand:

Entre 1850 et 1865, les poupées portant des vêtements d'enfants étaient plus populaires que les poupées-mannequins vêtues à la dernière mode.

Qui:

The Englishwoman's Domestic Magazine, publié à Londres au début des années 1860, contenait des descriptions de tenues à la mode pour toutes les occasions.

10769.11
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Broche de poupée
1862, 19e siècle
Métal et verre
2.7 x 3 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.11
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Ce petit accessoire de poupée scintillant est typique des bijoux modestes en vogue au milieu du 19e siècle. Sertie à l'origine de quinze brillants en verre facetté, cette petite broche devait être portée près du cou pour attacher un col ou une large cape. À l'origine, un rang de perles bleues était fixé à la broche.

Quoi:

Une feuille métallique était parfois collée au dos des pierres en verre afin de rehausser l'éclat des bijoux.

Où:

Publié à compter de 1855 à Philadelphie, en Pennsylvanie, le Godey's Lady's Book contenait des articles sur des vêtements et des accessoires de poupée.

Quand:

Cette broche est celle que portait la poupée Lady Blanche Paulet lors de la séance de pose de l'ambrotype. Le rang de perles bleues y était encore attaché.

Qui:

Sheffield House, un commerce d'articles de fantaisie situé à Market Square à Saint John, au Nouveau-Brunswick, importait des bijoux directement des manufacturiers d'Angleterre, de France et d'Allemagne.

10769.28
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Coiffe de poupée
1862, 19e siècle
Soie
13 x 11.5 x 8 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.28
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

La chapellerie offrait aux femmes l'occasion d'exprimer leur individualité en décorant leurs chapeaux et leurs bonnets de plumes, de rubans et de fausses fleurs. C'était également une source de revenus pour plusieurs femmes. Lady Blanche Paulet devait porter ce bonnet de satin blanc garni d'une frange de soie et de cordons en ruban de satin de soie avec une cape de laine recouvrant sa robe de soirée.

Quoi:

Les soeurs aînées de Fanny Jack (1854-1913), Mary (1845-1829) et Alice (1847-1921), possédaient également des bonnets de poupée qui font aujourd'hui partie de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick.

Où:

En raison de leur grande fragilité, les bonnets étaient souvent expédiés ou rangés dans des boîtes à chapeaux spéciales faites d'éclisses de frêne tissées.

Quand:

En 1840, Emma Jack (1825-1895), la mère de Fanny Jack, a acheté un bonnet pour sa tante Margaret de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, qu'elle a décoré elle-même.

Qui:

Mlle Hannah Welch s'annonçait comme modiste à Portland, au Nouveau-Brunswick. Son atelier était situé à proximité de la demeure de Fanny Jack, propriétaire de la poupée.

10769.25
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Étui pour cartes de visite (jouet)
1862, 19e siècle
4.8 x 3.7 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.25
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Au milieu du 19e siècle, plusieurs aspects de la vie quotidienne sont régis par une étiquette stricte. Cet étui à cartes de visite de poupée en écaille de tortue et ivoire contient cinq cartes de visite écrites à la main au nom de la poupée, Lady Blanche Paulet. Dans la bonne société, il est de mise de présenter sa carte de visite lorsqu'on arrive chez quelqu'un à qui l'on désire rendre visite. Si l'hôte ou l'hôtesse désire recevoir l'invité, celui-ci est convié à entrer dans la demeure.

Quoi:

À l'origine, les cartes de visite étaient écrites à la main. Plus tard, elles étaient imprimées au pochoir ou par un procédé d'imprimerie commercial.

Où:

Dans plusieurs demeures victoriennes, un petit plateau servait à recueillir les cartes de visite des visiteurs éventuels.

Quand:

En France, dans les années 1850, les cartes de visite photographiques sont devenues très populaires.

Qui:

Lord Frederic Paulet, qui était sensé être l' « oncle » de Lady Blanche, a envoyé des cartes de visite à William Jack, le père de Fanny Jack.

W281
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Estampe
Province House, Charlottetown, Î.-P.-É.
1880, 19e siècle
Gravure sur bois sur papier vélin
17.1 x 23.4 cm
Collection Canadiana, John Clarence Webster
W281
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Les événements de l'actualité, dont l'affaire du Trent, et la présence accrue des soldats britanniques au Canada, ont inspiré la métamorphose d'une simple poupée en Lady Blanche Paulet. La poupée a été offerte à Fanny Jack (1854-1913) pour son huitième anniversaire de naissance en 1862. Les événements politiques des années qui ont suivi n'ont fait qu'élargir le répertoire des aventures et des histoires associées à la poupée.

La famille de William Jack suit avec grand intérêt les progrès du processus de la Confédération par le biais de la Conférence de Charlottetown et des conférences subséquentes organisées à Québec et à Londres. Devant la menace que représentent les États-Unis sur les plans politique et militaire, les propositions relatives à la Confédération - notamment une plus grande sécurité pour le pays - semblent plutôt intéressantes. Mais comme c'est souvent le cas, les réunions ne portent pas exclusivement sur les affaires. Des activités sociales viennent se greffer au programme officiel des allocutions. Des dîners et des réceptions éblouissent les sommités présentes à la Conférence, dont le bal somptueux qui a lieu à Province House, l'édifice de l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, en 1864. Peut-être Fanny s'est-elle imaginé Lady Blanche assistant au grand bal de Charlottetown et dansant avec John A. Macdonald (1815-1891) ou Samuel Leonard Tilley (1818-1896).

Quelques semaines après le 13e anniversaire de Fanny, en 1867, le Canada devient une nation et nous pouvons facilement imaginer que Mlle Jack, alors une adolescente et une jeune femme, a dû vêtir Lady Blanche exprès pour l'occasion.

Quoi:

Le portique et les colonnes majestueuses de Province House sont typiques du classicisme monumental, le style architectural le plus populaire pour les édifices publics au 19e siècle.

Où:

À l'exception de la pierre qui provenait de la Nouvelle-Écosse, l'édifice législatif a été entièrement construit avec des matériaux de l'Île-du-Prince-Édouard fournis par des commerçants locaux.

Quand:

Province House, dont la construction s'est échelonnée sur cinq ans, a tenu sa première session législative en 1847.

Qui:

Suite à un concours public, Isaac Smith, l'architecte le plus en vue de l'Île-du-Prince-Édouard à cette époque, a été choisi pour dessiner les plans de Province House en 1842.

X12453
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Sir Samuel Leonard Tilley
Joseph N. Durland
1864, 19e siècle
Papier albuminé - carte de visite
9.8 x 6.3 cm
X12453
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

La petite Fanny Jack (1854-1913) habille et déshabille sa poupée Lady Blanche Paulet, son précieux cadeau d'anniversaire, pour des voyages fictifs dans des contrées lointaines, de spectaculaires soirées mondaines ou pour prendre le thé avec ses amies à la maison. Par l'entremise des relations politiques et culturelles de ses parents, Fanny connaît personnellement plusieurs des sommités locales, dont l'un des pères de la Confédération, Samuel Leonard Tilley (1818-1896). Si sa mère, Emma Jack, accueille les figures éminentes de la société comme S. L. Tilley dans son salon de Carrig Leagh, dans la nursery située à l'étage, Fanny Jack reçoit Lady Blanche pour le thé.

À titre de délégué aux conférences sur la Confédération qui ont lieu à Charlottetown, à Québec et à Londres, S. L. Tilley s'emploie à promouvoir l'union avec les autres provinces malgré la forte opposition qu'il rencontre au Nouveau-Brunswick. C'est Tilley qui propose le nom de « Dominion du Canada » pour la nouvelle nation, s'inspirant de sa lecture matinale du psaume 72 de la Bible: « Il dominera d'une mer à l'autre, et depuis le grand fleuve jusqu'aux confins de la terre. » Pour le remercier de son appui à la Confédération, John A. Macdonald le nommera ministre au premier cabinet fédéral en 1867.

Quoi:

Pour assurer la netteté des images, les photographes utilisaient un support spécial afin de maintenir immobile la tête du modèle pendant la prise de la photo. La base du support est visible sur cette photographie.

Où:

Samuel Leonard Tilley est né le 18 mai 1818, dans une petite pièce attenante au salon de la maison de ses parents à Gagetown, au Nouveau- Brunswick.

Quand:

Samuel Leonard Tilley est devenu veuf le 27 mars 1862, à la mort de son épouse Julia Ann Hanford.

Qui:

Joseph N. Durland, le photographe, a renommé son studio l'Imperial Photo Rooms en décembre 1868.

1979.118.28
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Couvre-lit
Mary Rebecca Walker
1888, 19e siècle
207 cm
Don de E. Jacqueline Davis, 1979
1979.118.28
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Nous en savons très peu sur la vie d'adulte de Frances Allen Jack (1854-1913). Nous savons par contre qu'elle ne s'est jamais mariée et qu'elle est demeurée dans la maison familiale jusqu'à sa mort le 7 août 1913. La poupée Lady Blanche Paulet offerte en 1862 à la jeune Fanny par sa mère Emma (1825-1895) n'est sans doute qu'un des innombrables témoignages d'affection de la mère à l'égard de ses filles. Ce couvre-lit, cadeau de la fête des Mères, témoigne des preuves d'amour qu'Emma Jack recevait en retour. Brodé de laine vert pâle et composé de blocs de motifs de fleurs et de feuilles disposés en alternance, le couvre-lit porte la première lettre du prénom de chacune des sept filles d'Emma Carleton Kenah Jack, par ordre de naissance: Mary Rebecca Walker (1845-1929) ; Alice Delacour Jack (1847-1921) ; Edith Herbert Street (1849-1922) ; Frances Allen Jack (1854-1913) ; Emma Carleton Kenah Jack (1856-1918) ; Helen Ramsay Jack (1861-1934) et Beatrice Dearwyn MacKenzie (1863-1931).

Quoi:

Utilisé tant pour sont côté pratique que décoratif, le couvre-lit était l'élément le plus visible du lit puisqu'il recouvrait le reste de la literie.

Où:

Emma Carleton Kenah Jack fréquentait l'église anglicane St. Paul, située tout près de sa maison, Carrig Leagh.

Quand:

Ce couvre-lit a été offert à Emma Jack le 11 mars 1888 à l'occasion de la fête des Mères, qui correspondait cette année-là au quatrième dimanche du carême.

Qui:

E. Jacqueline Davis, l'arrière-petite-fille d'Emma Carleton Kenah Jack, a donné ce couvre-lit au Musée du Nouveau-Brunswick en 1979.

Conclusion:

En tant que membre d'une famille respectable et aisée, Frances Allen Jack (1854-1913) a sans doute vécu une vie typique de la haute bourgeoisie victorienne. Sa poupée, Lady Blanche Paulet, est très certainement demeurée un souvenir précieux d'une époque très spéciale et tout à fait remarquable. Il est évident, d'après l'état de conservation de la poupée et de sa garde-robe, qu'il s'agissait d'un objet du patrimoine familial auquel on attachait une grande valeur, transmis de génération en génération au sein de la famille Jack.

Le projet élaboré par Emma Jack (1825-1895) pour offrir à sa fille un cadeau d'anniversaire unique et inoubliable fut une réussite complète. La garde-robe de Lady Blanche contient des vêtements dont les styles sont parmi les plus représentatifs du costume du milieu du 19e siècle, témoignant avec éloquence de la mode du début des années 1860. L'étui à cartes de visite plaqué en écaille de tortue et son contenu, les chaussures et les pantoufles, la crinoline miniature, les robes de jour et les robes de bal figurent parmi les objets qui font le caractère de cette poupée. Le soin avec lequel ils ont été confectionnés pour être ajoutés aux possessions de la poupée est tout simplement admirable. La collection transcende les particularités de ses origines, et nous en dit long sur les comportements et les moeurs d'une couche de la société à une époque fascinante marquée par les intrigues politiques internationales, la guerre civile et la naissance d'une nation.

Bibliographie

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