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Extraits de manuels d'histoire
1. Industrialisation | 2. Urbanisation | 3. Conditions de vie | 4. Guerres mondiales | 5. Politique et mouvements sociaux
1. INDUSTRIALISATION
1.1 Qu'entend-on par industrialisation?
- Quelles sont les origines de l'industrialisation?
- Comment se déroule le passage de l'artisanat à la production industrielle?
- Qu'advient-il du travailleur?
- Quels sont les principaux développements technologiques à l'origine de l'industrialisation?
1.2 La première phase d'industrialisation (vers 1846-1896)
- Comment l'industrialisation débute-t-elle au Canada?
- Où l'industrialisation démarre-t-elle au Canada et pourquoi?
- Quels sont les grands secteurs industriels au Québec, durant la seconde moitié du 19e siècle?
- Comment l'industrialisation se développe-t-elle dans les Maritimes?
- Qu'en est-il de l'industrialisation dans l'Ouest?
- Comment la première découverte d'or a-t-elle lieu en Colombie-Britannique?
- Quelles sont les premières activités industrielles et communautaires dans la région de Vancouver?
- Quel rôle les chemins de fer jouent-ils dans l'industrialisation au Canada?
- Comment détermine-t-on l'emplacement du terminus du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique?
1.3 La deuxième phase industrielle (vers 1896-1936)
- Qu'entend-on par « deuxième phase industrielle »?
- Que se passe-t-il à la grandeur du pays, au tournant du 20e siècle?
- Comment l'industrialisation se poursuit-elle au Québec?
- Comment les régions des Maritimes et de l'Ouest participent-elles à l'industrialisation?
- Quelle forme d'énergie utilise-t-on au Québec?
- Quelle est la place du secteur des pâtes et papier?
- Comment l'exploitation de ressources naturelles contribue-t-elle à l'industrialisation?
- Quelle place l'industrie forestière occupe-t-elle dans l'économie de la Colombie-Britannique?
- Quels impacts la mécanisation a-t-elle eu dans le secteur agricole au début du 20e siècle ?
1. INDUSTRIALISATION
1.1 Qu'entend-on par industrialisation?
1) Quelles sont les origines de l'industrialisation?
« En Angleterre, au 17e siècle, des capitalistes commencent à réunir des ouvriers dans de grands bâtiments - qu'on appelle manufactures - pour y fabriquer divers produits. Dans la deuxième moitié du 18e siècle, lorsque à la concentration des ouvriers et des capitaux s'ajoute la présence de la machine, on peut parler des débuts de l'industrialisation. Celle-ci constitue une transformation en profondeur, une révolution, dans la façon de produire des biens. Ce processus d'industrialisation se diffusera peu à peu, à des rythmes très variables et très inégaux, dans les divers secteurs de l'économie et dans les divers pays. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 232.
2) Comment se déroule le passage de l'artisanat à la production industrielle?
« Au temps de l'artisanat, une paire de chaussures, une scie ou une pièce de tissu étaient fabriquées par un artisan travaillant à la main et qui pouvait réaliser seul toutes les opérations. Lorsque des entrepreneurs implantent de grands ateliers dans lesquels ils font travailler, moyennant un salaire, de nombreux ouvriers, on parle de l'ère de la manufacture. Dans ces ateliers ou manufactures, les tâches sont subdivisées et chaque ouvrier n'en accomplit qu'une, ce qui permet une production plus efficace.
« Les ouvriers ainsi regroupés, le travail divisé en plusieurs opérations, cela crée un contexte qui ouvre la voie à l'utilisation de machines pouvant remplacer partiellement le travail humain pour atteindre à une production de type industrielle. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 232.
3) Qu'advient-il du travailleur?
« Comme les opérations sont fractionnées, le travail industriel n'exige pas de l'ouvrier un long apprentissage comme c'était le cas pour l'artisan. La machine réduisant la force physique nécessaire - même si le travail exigé demeure harassant et quelquefois dangereux - les entrepreneurs en viennent à embaucher en nombre croissant des enfants et des jeunes filles à qui ils paient des salaires nettement inférieurs à ceux des hommes. La mécanisation et l'embauche de personnel moins qualifié et moins apte à se défendre contre une exploitation souvent très poussée, permet à l'entrepreneur de produire plus, à moindre coût, et donc d'abaisser le prix de vente d'un grand nombre de produits tout en maintenant des profits élevés. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 232.
4) Quels sont les principaux développements technologiques à l'origine de l'industrialisation?
« La production industrielle était le résultat d'importantes découvertes technologiques qui eurent un impact fondamental sur la société.
Principales innovations technologiques, 1704-1913
1704 Mise au point de la machine à vapeur par Newcomen. Ses pompes à vapeur étaient particulièrement utiles dans l'industrie minière.
1764 Invention de la machine à filer.
1760s James Watt améliore la machine à vapeur.
1784 Production du fer puddlé grâce au procédé de puddlage de Cort.
1825 Construction du premier train de marchandises et de passagers par George Stephenson.
1837 Invention du moteur électrique par Davenport.
1838 Le vapeur Great Western traverse l'Atlantique en quatorze jours. Cela marque le début du transport par transatlantique à vapeur.
1844 Première démonstration du télégraphe.
1846 Invention de la machine à coudre.
1851 Exposition au Palais de Cristal [Montréal].
1856 Le convertisseur de Bessemer permet de réduire les coûts de production de l'acier.
1859 Fin de la construction du pont Victoria traversant le Saint-Laurent [Montréal].
1866 Installation d'un câble télégraphique franchissant l'Atlantique.
1872 Utilisation de wagons réfrigérés pour le transport de la viande et des fruits.
1876 Invention du téléphone par Alexander Graham Bell.
1884 Mise en service du premier tramway électrique.
1885 La ligne du Canadien Pacifique se rend jusqu'au Pacifique.
1886 Première automobile mise au point par Carl Benz utilisant un moteur à gaz.
1894 Les frères Wright volent à bord d'un appareil à vapeur.
1903 Les frères Wright effectuent le premier vol dans un avion propulsé.
1906 Invention du tube à vide.
1913 La chaîne de montage de Henry Ford commence à produire des automobiles. »
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 190, 195. [trad.]
1.2 La première phase d'industrialisation (vers 1846-1896)
5) Comment l'industrialisation débute-t-elle au Canada?
« Mettre sur pied des usines exige des capitaux et la connaissance de la technologie. Depuis le début du 19e siècle, l'accroissement de l'activité économique au Canada a permis la formation d'une classe d'entrepreneurs. Ils accumulent des capitaux, créent des banques, établissent des liens avec les capitalistes anglais ou américains. La Confédération leur permet d'organiser un marché qui fournit une main-d'oeuvre abondante et des consommateurs. Quant à la technologie, le Canada peut l'emprunter de la Grande-Bretagne et des États-Unis, les deux pays avec lesquels il a le plus de contacts et qui sont à l'avant-garde de l'industrialisation. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 233.
6) Où l'industrialisation démarre-t-elle au Canada et pourquoi?
« C'est à Montréal que l'industrie canadienne démarre véritablement, à la fin des années 1840. Le réaménagement du canal de Lachine libère les ressources hydrauliques nécessaires au fonctionnement des machines des industries qui s'installent sur ses bords. L'extension du territoire canadien, la construction de chemins de fer, la spécialisation de l'agriculture et la politique douanière protectionniste donnent une impulsion nouvelle. Peu à peu des usines surgissent autour de Montréal : à Hochelaga, Saint-Henri, Valleyfield, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean, mais aussi dans les Cantons de l'Est et dans la région de Québec. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 233.
7) Quels sont les grands secteurs industriels au Québec, durant la seconde moitié du 19e siècle?
« L'alimentation. L'alimentation tient la première place dans la structure industrielle du Québec. C'est un secteur très diversifié qui comprend meuneries, raffineries de sucre, brasseries, boulangeries, beurreries et fromageries. On y trouve aussi bien de grandes que de petites entreprises.
« L'industrie de la chaussure. L'industrie de la chaussure vient au deuxième rang dans la production manufacturière du Québec à cette époque. Cette industrie se transforme radicalement avec la mécanisation. Le Québec occupe une place prépondérante sur le marché canadien. De grandes usines, concentrées à Montréal et à Québec, fournissent de l'emploi à des milliers de travailleurs.
« Le textile. On voit partout se multiplier de grandes filatures de coton employant souvent des milliers de personnes dont une abondante main-d'?uvre féminine. À la fin du siècle, on assiste à des regroupements de compagnies formant de très grandes entreprises. La confection de vêtements occupe également une place importante mais, faisant largement appel au travail à domicile, elle est dispersée dans un grand nombre de petites entreprises.
« Montréal est aussi un grand producteur de cigares et de cigarettes, et dans cette industrie aussi on emploie femmes et enfants. Toutes ces industries ont un trait commun : elles utilisent une main-d'?uvre abondante mais peu payée et peu qualifiée. Ces industries légères, c'est-à-dire axées sur la fabrication de biens de consommation, produisent surtout pour le marché local et canadien. Celui-ci constitue la part la plus importante et la base de l'industrie québécoise.
« À côté de ce type d'industries, se développe ce qu'on appelle l'industrie lourde, où sont transformées des matières premières. C'est le cas, par exemple, de l'industrie du fer et de l'acier qui produit des chaudières, des rails de chemin de fer, des clous, ou encore de l'équipement de transport (locomotives, wagons) et qui voit à son entretien. Le Grand Tronc et le Canadien Pacifique établissent leurs ateliers à Montréal et emploient des milliers de travailleurs dont plusieurs sont des ouvriers qualifiés : machinistes, mouleurs, etc. L'industrie lourde constitue une dimension essentielle de la structure industrielle du Québec.
« À ces secteurs, ajoutons celui du bois : planches, boîtes, tonneaux, portes et châssis, dont les usines sont disséminées un peu partout sur le territoire et dont la production est en partie exportée aux États-Unis.
« À la fin du 19e siècle, le Québec est bien engagé dans un processus d'industrialisation, et déjà en 1896 la valeur de la production du secteur de la fabrication dépasse celle du secteur de l'agriculture. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 233-234.
PERCENTAGE OF QUEBEC MANUFACTURING PRODUCTION PRODUCED BY THE MAIN INDUSTRIES, 1870 AND 1890
| Industries | 1870 | 1890 |
| Food | 24,2 | 22,6 |
| Tobacco | 1,9 | 2,3 |
| Leather | 18,6 | 12,3 |
| Textile | 1,7 | 2,8 |
| Clothing | 7,6 | 8,9 |
| Lumber | 15,1 | 12,1 |
| Pulp and Paper | 0,7 | 1,5 |
| Iron and Steel | 4,1 | 5,0 |
| Printing and Publishing | 1,6 | 1,5 |
| Rolling Stock | 3,8 | 6,5 |
| Other | 20,7 | 24,5 |
Source : d'après J. Hamelin et Y. Roby, Histoire économique du Québec, 1851-1896.
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 235.
8) Comment l'industrialisation se développe-t-elle dans les Maritimes?
« Les Maritimes montrent également des signes d'industrialisation même s'ils sont moins apparents qu'au Canada-Uni. Elles comptent quelques entreprises industrielles, principalement dans le secteur de la construction navale. Ce secteur se trouve d'ailleurs à son apogée au milieu du 19e siècle. Il sort en moyenne 374 navires des chantiers navals de la région dans les années 1850. Entre 1860 et 1866, la production annuelle moyenne atteint 470 navires. Du côté des manufactures, par contre, les activités industrielles de la région ne peuvent se mesurer à celles du Canada-Uni. »
Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 160-161.
9) Qu'en est-il de l'industrialisation dans l'Ouest?
« Seule une grande région des possessions britanniques reste intouchée par la révolution qui secoue l'industrie et les transports : le Nord-Ouest et le Pacifique. À cette époque, l'Ouest demeure peu peuplé et sa population se compose très largement d'Amérindiens ainsi que de quelques commerçants de fourrures et explorateurs. Ces territoires relèvent de la Compagnie de la baie d'Hudson, qui y interdit le développement agricole afin de préserver les ressources en fourrures. [...] Dans l'extrême ouest des territoires britanniques se trouvent la petite colonie de l'île de Vancouver, fondée en 1849, ainsi que la région de la Colombie-Britannique. Outre l'exploitation forestière, qui se limite à l'abattage et à l'expédition, ces jeunes colonies ne signalent guère d'activité industrielle appréciable, si ce n'est la ruée de prospecteurs qu'engendre en 1858 la découverte de gisements d'or dans la vallée du fleuve Fraser. »
Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 160-161.
10) Comment la première découverte d'or a-t-elle lieu en Colombie-Britannique?
« Vers la fin de 1857, un négociant en fourrures de la Compagnie de la baie d'Hudson arriva à Fort Victoria. En même temps que sa cargaison de fourrure destinée à la compagnie, il apportait avec lui deux fioles remplies de poussière d'or et de quelques petites pépites qu'il avait lavées à la batée sur le bord de la rivière Thompson. Il montra cet or au gouverneur Douglas qui, dès lors, craignit que l'annonce d'une découverte d'or fasse affluer un grand nombre de mineurs cupides dans la colonie. Ses craintes furent confirmées au cours de l'hiver de 1857-1858. Des mineurs qui avaient remonté les États-Unis jusqu'aux territoires de Washington et de l'Oregon après la ruée de la Californie gagnèrent le nord de la rivière Thompson et du fleuve Fraser, où ils commencèrent à chercher de l'or. La plupart constatèrent que l'or le plus facile à trouver gisait sur les bancs de sable de ces deux cours d'eau. »
Cranny, Michael et al. Le Canada, La poussée vers l'Ouest, Montréal, Éditions de la Chenelière, 2002, p. 217.
« Lorsque le colonel Moody arriva à New Westminster en 1858, il constata que le fleuve Fraser gelait en hiver. Il savait que cette situation représentait un problème, car la défense de la colonie nécessitait l'accès à un port libre de glace en tout temps. Il ordonna que l'on trace trois sentiers entre New Westminster et Burrard Inlet. Il réserva également une partie des terres avoisinantes au cas où le gouvernement britannique jugerait nécessaire de protéger le port.
« Au début des années 1860, Vancouver était encore ce qu'elle avait été depuis des milliers d'années : la terre d'origine des bandes autochtones de Musqueams et de Squamishs. À partir de 1865, cependant, la région se mit à changer. La scierie Hastings ouvrit ses portes sur la rive sud de Burrard Inlet, et la compagnie obtint des droits de coupe sur une grande partie de la péninsule sud. Plus tard, elle contrôla quelque 19 000 acres. Sur la rive nord de Burrard Inlet, Sewell Moody ouvrit également une scierie, là où se trouve aujourd'hui North Vancouver. Cette usine et la communauté environnante vinrent à se faire appeler Moodyville. Le moulin de Moody commença à déboiser Lynn Valley et se spécialisa dans les « cure-dents » pour mâts de bateau. On appelait « cure-dents » les rondins qui étaient sans noeuds et mesuraient 21 mètres de longueur et 4 mètres de diamètre. Jusque dans les années 1880, on transporta les arbres coupés en les faisant glisser sur des rails de rondins graissés, qu'on appelait « chemin de traînage », jusqu'à l'usine côtière. De là, on les faisait flotter jusqu'aux usines de sciage.
« En 1868, le pittoresque « Gassy Jack » Deighton arriva dans la région. Comme la vente et la consommation d'alcool étaient prohibées au moulin Hastings, Gassy Jack ouvrit un saloon à environ un kilomètre et demi de l'usine, au grand soulagement des travailleurs. On vit bientôt apparaître d'autres saloons et des magasins autour de l'établissement de Deighton. La petite agglomération, officiellement appelée Granville, reçut peu à peu le nom de « Gastown » en l'honneur de son fondateur. »
Cranny, Michael et al. Le Canada, La poussée vers l'Ouest, Montréal, Éditions de la Chenelière, 2002, p.230-231.
12) Quel rôle les chemins de fer jouent-ils dans l'industrialisation au Canada?
« Si les années 1840 ont marqué l'âge d'or de la construction de canaux au Canada, un autre moyen de transport commençait déjà à s'imposer. Des engins à vapeur se déplaçant sur des rails en fer constituaient une façon efficace de transporter des marchandises tout au long de l'année. Les chemins de fer étaient plus rapides que les bateaux et n'étaient pas limités aux voies d'eau. Les nouvelles techniques d'ingénierie employées dans la construction des tunnels et des ponts, comme celles utilisées dans la construction du pont Victoria reliant Montréal à la rive sud du Saint-Laurent [?] donnaient une grande latitude aux constructeurs de chemins de fer. En 1846, des chemins de fer furent affrétés pour rejoindre Montréal et Portland, dans le Maine. Montréal eut ainsi accès à un port ouvert à l'année longue.
« Le chemin de fer constituait un enjeu important dans la transition vers le capitalisme industriel. Le besoin de matériel ferroviaire et de matériel roulant a stimulé l'apparition de nouvelles formes de production « lourde », notamment dans le secteur de l'acier. Le chemin de fer a ouvert de nouvelles avenues pour la colonisation, qui sont devenues d'importants marchés et sources de subsistance pour les ouvriers en milieu urbain. Le chemin de fer était aussi important pour les régions forestières. Avec les scieries à vapeur, il contribuait à fournir les énormes quantités de bois de sciage nécessaires aux marchés américains en pleine expansion. Le chemin de fer a également joué un rôle central dans la Confédération. La construction ferroviaire nécessitait des capitaux importants, et les investisseurs étrangers voulaient préserver la sécurité de leurs investissements. Le gouvernement canadien s'engagea à garantir les obligations de nombreuses compagnies ferroviaires canadiennes et offrit des terres et des subventions pour rendre les obligations plus attrayantes. » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p.196, 198.
« En 1867, le Canada ne possédait que 3 644 km de chemins de fer. En 1900, ce nombre était passé à 28 251 km, et à 49 272 km en 1914. Après la construction du Grand Tronc dans les années 1850 et 1860, le premier chemin de fer transcontinental du Canada, le Canadien Pacifique, entra en service en 1885. De nombreux embranchements et deux autres chemins de fer transcontinentaux furent construits par la suite. Ces lignes ferroviaires ont eu un impact énorme sur la croissance des communautés, le développement du secteur manufacturier et sur les marchés et les prix des agriculteurs.
« Les chemins de fer ont joué un rôle de premier plan dans le développement économique du Québec. C'est pourquoi les Québécois étaient aussi impatients que les autres Canadiens de créer un environnement favorable aux promoteurs de chemins de fer. Le gouvernement provincial investit massivement dans les chemins de fer et octroya d'énormes subventions aux constructeurs ferroviaires sous forme de terres de la Couronne. De 1875 à 1878, plus de la moitié des affaires traitées par le pouvoir législatif provincial concernait les chemins de fer, et le Québec prit à l'égard de cette industrie des engagements financiers de beaucoup supérieurs à ceux de l'Ontario.
« Au Québec, la construction d'une voie ferrée de Québec à Montréal et d'autres points vers l'ouest posait un problème particulier. Québec et Montréal désiraient toutes les deux être le terminal et le port de l'est du Canadien Pacifique. » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 234-236.
13) Comment détermine-t-on l'emplacement du terminus du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique?
« Jusqu'au milieu des années 1880, peu d'activités existaient dans la région. En 1881, on décida que Port Moody (du nom du colonel Moody) serait le terminus du Canadien Pacifique. D'un seul coup, le centre d'activité se déplaça vers l'extrémité est de [la baie] Burrard Inlet. Des spéculateurs achetèrent aussitôt des terres, arpentèrent des lots et les revendirent, impatients qu'ils étaient de faire de l'argent avec la future métropole (grande ville).
« En 1884, William Van Horne arriva à Port Moody pour déterminer l'emplacement exact du terminus du Canadien Pacifique. À son grand désarroi, il découvrit que le port était fait de bas-fonds intertidaux (parties du fond de la mer ou d'un fleuve où l'eau est peu profonde par rapport aux parties voisines). Il était donc impossible d'y accueillir des navires de haute mer qui devaient se mettre à quai pour charger et décharger leurs cargaisons. Van Horne descendit donc Burrard Inlet jusqu'à Gastown, où il trouva ce qu'il cherchait : un mouillage profond près d'un rivage plat idéal pour une cour de triage. Il nomma le site Vancouver. Évidemment, les spéculateurs de Port Moody étaient outrés, mais ils ne pouvaient rien y faire.
« Vers la fin de 1885, on termina la ligne du Canadien Pacifique et on fit les plans de la future ville de Vancouver. Le développement pouvait commencer pour de bon. Cependant, en juin 1886, en raison d'une vague de temps très chaud et très sec, il devint extrêmement dangereux de défricher et de brûler des débris d'abattage. Le 13 juin, un incendie catastrophique rasa la nouvelle ville en moins d'une heure. Malgré ce revers, Vancouver fut rapidement reconstruite. À la fin de 1890, la nouvelle ville comptait une population de plus de 5000 habitants. »
Cranny, Michael et al. Le Canada, La poussée vers l'Ouest, Montréal, Éditions de la Chenelière, 2002, p. 231.
1.3 La deuxième phase industrielle (vers 1896-1936)
14) Qu'entend-on par « deuxième phase industrielle »?
« L'électricité et l'exploitation des richesses naturelles ont un impact considérable sur la société québécoise et canadienne. Des régions entières s'industrialisent, ce qui modifie en profondeur les conditions de vie de leurs habitants. On a souvent parlé d'une deuxième révolution industrielle pour désigner cette nouvelle vague de l'industrialisation, basée sur la transformation des richesses naturelles. On la distingue ainsi de l'industrialisation plus ancienne, implantée dans la deuxième moitié du 19e siècle, qui s'appuyait sur la production de biens de consommation et de biens d'équipement. Cette première industrialisation n'est pas morte au début du 20e siècle; elle est, au contraire, en pleine expansion. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 275-276.
15) Que se passe-t-il à la grandeur du pays, au tournant du 20e siècle?
« Le secteur industriel au Canada a le vent dans les voiles au début du 20e siècle. L'expansion des marchés intérieurs stimule l'exploitation des ressources naturelles qui abondent sur son territoire. L'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique deviennent de grands producteurs de minéraux, de bois d'?uvre, de pâte à papier et d'énergie hydroélectrique. Ces produits alimentent les industries de transformation canadiennes et vont grossir le volume des exportations vers les États-Unis. Pour faciliter l'exploitation des matières premières, il devient nécessaire d'améliorer le système des transports en construisant des routes, des chemins de fer et des navires. Par conséquent, l'industrie lourde, grande consommatrice de matières premières, bénéficie à son tour de l'expansion économique.
« Par ailleurs, l'augmentation de la population de l'Ouest, en majorité rurale, crée de nouveaux besoins que les industries canadiennes s'empressent de combler [?]. Chaque nouveau colon est un acheteur potentiel d'instruments aratoires et de produits de consommation courante. C'est alors que les barrières tarifaires s'avèrent le plus profitable pour les gens d'affaires canadiens. Les industriels de l'Ontario et du Québec possèdent à cet égard une longueur d'avance sur leurs concurrents des autres régions du pays. Ils développent un marché national pour leurs produits grâce à leur secteur manufacturier plus avancé, à leur position centrale dans le réseau ferroviaire et à l'utilisation plus courante de la publicité.
« Avec l'exploitation accrue de ses nombreuses ressources et l'accroissement rapide de sa population, le Canada offre un grand potentiel pour les investisseurs canadiens et étrangers. Les investissements étrangers proviennent de plus en plus des États-Unis, qui supplantent même la Grande-Bretagne à titre de premier fournisseur de capitaux extérieurs. Le gouvernement fédéral quant à lui investit directement dans l'économie et encourage les entreprises à en faire autant. Les gouvernements provinciaux et les municipalités ne sont pas en reste. Par exemple, ils tentent d'attirer les industriels chez eux en leur offrant des primes, des subventions et des garanties. Cette pratique stimule la création de banques et d'institutions financières. »
Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 239-240.
16) Comment l'industrialisation se poursuit-elle au Québec?
« Les premières décennies du vingtième siècle furent marquées par la croissance industrielle. Au dix-neuvième siècle, les industries québécoises reposaient sur une main-d'?uvre à bon marché. Au début du vingtième siècle, les ressources naturelles ont commencé à jouer un rôle de plus important et ont assuré la croissance de nombreuses régions situées à l'extérieur des grandes villes. Avec ses nombreux cours d'eau, le Québec n'a pas tardé à devenir un grand producteur d'énergie hydroélectrique. » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a history of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 270.
« Partout on agrandit les usines existantes ou on en implante de nouvelles pour répondre aux besoins d'une population en pleine croissance. Montréal, par exemple, qui ne produit ni papier journal ni aluminium, voit sa population augmenter de façon appréciable et elle reste le plus important centre industriel du Québec et du Canada. Sa structure industrielle s'enrichit d'ailleurs de nouveaux secteurs, comme la production d'appareils électriques et la transformation de produits pétroliers. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 275-276.
17) Comment les régions des Maritimes et de l'Ouest participent-elles à l'industrialisation?
« Les industries canadiennes [...] étaient concentrées dans le centre du pays. Par conséquent, les Maritimes et l'Ouest se sont retrouvés dans un état de dépendance, devenant des marchés de consommation et des exportateurs de ressources naturelles. Ces régions importaient des produits manufacturés comme des vêtements et de la machinerie agricole, ainsi que des aliments traités comme du sucre, et elles exportaient du blé, du charbon et du poisson. Le pays exportait toujours la majeure partie de sa production [...] Cela était particulièrement vrai au Québec, où les industries minière et papetière connaissaient une croissance rapide. » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 271.
18) Quelle forme d'énergie utilise-t-on au Québec?
« L'exemple le plus spectaculaire (des transformations du secteur des richesses naturelles) est celui de l'électricité. De nombreuses inventions américaines et européennes permettent, à compter des années 1880, de produire et de distribuer l'électricité. Au début, elle provient de l'énergie dégagée en chauffant du charbon, mais on découvre bientôt l'avantage d'utiliser la force des chutes d'eau pour faire tourner des turbines produisant l'électricité. C'est le début de la construction des grands barrages et des centrales hydroélectriques. Le Québec, avantagé par ses nombreuses rivières, devient rapidement un important producteur de cette nouvelle forme d'énergie. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 275.
« Durant cette période, la croissance du Québec reposait largement sur l'exploitation de ses ressources hydroélectriques. C'est à la fin des années 1870 que l'on a commencé à utiliser l'électricité à des fins commerciales. Avec les besoins d'électricité croissants des industries et des systèmes de transport urbains vint la nécessité de centrales électriques et de turbines de plus grande capacité. On construisit une centrale électrique à Niagara Falls dans les années 1890, et on mit au point la technologie nécessaire à la transmission de l'électricité sur une distance de 32 km jusqu'à Buffalo, dans l'État de New York.
« La Shawinigan Water and Power Company fut fondée en 1898. Les chutes de Shawinigan, une ville forestière située sur la rivière Saint-Maurice, avaient une hauteur de 41 m et elles n'étaient situées qu'à 134 km de Montréal. Avec des capitaux américains, 1 800 travailleurs de jour et 200 travailleurs de nuit construisirent le barrage et la centrale électrique. [...] Des usines d'aluminium, de pâtes et papiers et de produits chimiques furent construites autour du site afin de profiter de cette énergie électrique bon marché. En 1902, les lignes hydroélectriques atteignaient Montréal. » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 272-273.
19) Quelle est la place du secteur des pâtes et papier?
« Dès 1925, la production de pâtes et papiers constituait la principale industrie au Canada. Entre 1913 et 1920, la production de papier journal tripla, pour tripler de nouveau en 1929. Quatre-vingt-dix pour cent de la production canadienne de papier journal était exportée, principalement vers les marchés des journaux américains. L'usine de pâtes et papiers de Chicoutimi [...] constitue un très bon exemple du développement de cette industrie. L'usine fut construite en réponse à la croissance des marchés internationaux et au développement d'une nouvelle technologie permettant d'utiliser la fibre de bois dans la production de papier. En plus d'être riche en épinettes et en peupliers, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean était très propice à l'industrie des pâtes et papiers en raison de ses centrales hydroélectriques, de son port d'expédition de haute mer et de ses liaisons ferroviaires vers les marchés américains. Fondé par un entrepreneur local, Alfred Dubuc, le moulin de Chicoutimi fut acheté par la North American Pulp and Paper Company en 1915. » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 273.
« Autrefois, le papier était fabriqué avec des chiffons ou des plantes. Mais dans la seconde moitié du 19e siècle, l'invention de broyeuses permet d'utiliser, en le déchiquetant, le bois des arbres. On le traite ensuite pour en faire de la pâte à papier. Le papier journal, en particulier, provient du bois d'épinette, essence très abondante au Québec. Or l'expansion des grands journaux quotidiens aux États-Unis suscite une forte demande de ce type de papier et, pour y satisfaire, plusieurs entreprises, souvent d'origine américaine, construisent au Québec. Elles s'installent le long des cours d'eau voisins des territoires forestiers, dans les parties du Québec considérées surtout comme des régions de colonisation.
[...]
« Les moulins à pâte ou à papier surgissent en Mauricie et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On en trouve aussi en Gaspésie, dans la région de Québec, en Estrie, dans l'Outaouais et au Témiscamingue. Les papeteries font désormais partie du paysage québécois. Le même phénomène se produit dans d'autres provinces canadiennes, en particulier en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Colombie-Britannique, mais c'est le Québec qui tient le premier rang. Le Canada devient ainsi le plus important exportateur mondial de papier journal. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 275-276.
20) Comment l'exploitation de ressources naturelles contribue-t-elle à l'industrialisation?
« Une autre industrie s'implante au Québec entre 1900 et 1930, celle de l'aluminium. La matière première, la bauxite, est importée de Guyane. Pour la transformer en aluminium, il faut beaucoup d'électricité. Les alumineries sont donc installées près des grandes chutes d'eau, dans des villes comme Shawinigan et Arvida. Leur construction exige des capitaux importants, venant surtout des États-Unis. »
Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 275.
« L'aluminium, le cuivre, l'amiante et le nickel devenant de plus en plus importants pour la production d'électricité, de produits chimiques et d'automobiles, l'industrie minière canadienne connut elle aussi une croissance rapide. Alcan, principal producteur d'aluminium au Canada, fut fondé en 1902 à titre de succursale canadienne de l'Aluminum Company of America. Cette société contribua au développement des énormes ressources hydroélectriques du Saguenay dans les années 1920 et construisit une raffinerie dans sa nouvelle ville fermée d'Arvida. En 1936, Alcan, qui appartenait alors en grande partie à des intérêts canadiens, était le deuxième producteur d'aluminium au monde.
« Les mines d'amiante du Canada étaient situées dans les Cantons de l'Est dans des villes comme Thetford Mines [...] La production d'amiante est passée de plus de 36 000 t en 1900 à près de 280 000 t en 1929. Soixante-dix pour cent de cette production était exportée aux États-Unis, où la fibre d'amiante était employée dans la fabrication de tissus résistant au feu, de matériaux de couverture, de peinture, de papier et de garnitures de frein.
« L'exploitation des mines d'or et de cuivre au Québec a acquis une importance mondiale dans les années 1920 avec l'ouverture des mines situées près de Rouyn, en Abitibi. Le développement des ressources naturelles a ainsi provoqué l'industrialisation des régions rurales [...] » [trad.]
Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 274.
21) Quelle place l'industrie forestière occupe-t-elle dans l'économie de la Colombie-Britannique?
« Près de 45 p.100 des arbres abattus au Canada le sont en Colombie-Britannique. Les montagnes de l'Ouest ne représentent que 14 p.100 des terres forestières du Canada, mais elles fournissent 40 p.100 du bois marchand canadien. L'industrie forestière constitue le plus grand maillon de la chaîne économique de la Colombie-Britannique. Depuis la fin des années 1880, la province exporte son bois dans le monde entier. Vers le milieu des années 1990, la valeur totale des produits forestiers exportés de la Colombie-Britannique s'élevait à 1,5 milliard de dollars. L'exploitation forestière et l'industrie connexe créent plus d'emplois et une plus grande valeur ajoutée que n'importe quel autre secteur industriel de la Colombie-Britannique. De nos jours, ce secteur emploie quelque 30 000 personnes, dont les tâches varient de l'abattage des arbres à la fabrication des meubles.
« [...] L'industrie forestière a toujours suivi les hauts et les bas du cycle économique. Elle licencie des travailleurs quand les temps sont durs et que la demande pour des maisons et des produits forestiers faiblit. Elle engage davantage de travailleurs quand l'économie est en expansion. Aujourd'hui cependant, en matière de développement industriel ou d'exploitation forestière, les gens se préoccupent du long terme, de sorte que les arbres demeurent une ressource inépuisable. »
Cranny, Michael et al. Le Canada, La poussée vers l'Ouest, Montréal, Éditions de la Chenelière, 2002, p. 353.
22) Quels impacts la mécanisation a-t-elle eu dans le secteur agricole au début du 20e siècle ?
« Le vent de la technologie soufflait sur l'agriculture comme sur tous les autres secteurs de l'économie. Les gros producteurs s'équipaient de machines qui facilitaient le travail; les petits qui n'en avaient pas les moyens individuellement se regroupaient pour louer ou acheter les machines. Dans les champs, on voyait apparaître des batteuses, des moissonneuses, des faucheuses et des tracteurs motorisés. La productivité augmentait à un rythme stupéfiant. Un fermier pouvait faucher 40 fois plus de foin que son père en une journée et il pouvait récolter un boisseau de blé 100 fois plus rapidement.
« L'agriculture se jumelait à l'industrie. Trente ans plus tôt, les produits laitiers et les fruits étaient transformés à la ferme même, par les femmes le plus souvent. À présent, les agriculteurs envoyaient leurs produits dans des usines et des conserveries. En 1901, par exemple, 40% du fromage canadien était produit en usine. »
Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, Montréal, Chenelière-McGraw-Hill, 2001, p. 49.
