Repérer

Consulter

Créer

Partager

Pour en savoir plus

Extraits de manuels d'histoire


1. Industrialisation | 2. Urbanisation | 3. Conditions de vie | 4. Guerres mondiales | 5. Politique et mouvements sociaux
 

4. GUERRES MONDIALES

4.1 Première Guerre mondiale

76) Pourquoi affirme-t-on que la Première Guerre mondiale a permis au Canada de devenir une nation à part entière?
77) Comment peut-on expliquer la ferveur patriotique au Canada à l'amorce de la Première Guerre mondiale ?
78) Qu'est ce que la propagande militaire?
79) Qui s'opposait à la conscription ?
80) Quelle a été concrètement la participation des Canadiens au front?
81) En quoi consistait le quotidien d'un soldat canadien durant la guerre ?

4.2 Seconde Guerre mondiale

82) Quels sont les principaux secteurs à bénéficier de la relance économique?
83) Quel est l'impact de la Seconde Guerre mondiale sur le marché du travail?

 

4. GUERRES MONDIALES

4.1 Première Guerre mondiale

76) Pourquoi affirme-t-on que la Première Guerre mondiale a permis au Canada de devenir une nation à part entière?

« Les Canadiens ont dû tout donner, même leur vie, pour l'effort de guerre. Pendant le conflit, le Canada a souffert sur tous les fronts, en Europe comme à l'intérieur de ses frontières. Le Canada est entré en guerre de bon coeur à titre de membre de l'Empire britannique en 1914. En 1918, les sacrifices consentis par tous les Canadiens, sur les champs de bataille et dans les usines de guerre, autour des tables de négociation et sur les tables d'opération des hôpitaux militaires, avaient hissé le Canada au rang de nation à part entière. »

Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, Montréal et Toronto, Chenelière/McGraw-Hill, 2000, p. 76.

« Quand elle débute en 1914, la guerre unifie le pays. De nombreux Canadiens - d'origine britannique surtout - s'engagent comme volontaires et se battent vaillamment en Europe. La guerre des tranchées est horrible (...) et l'armée enregistre de lourdes pertes. En avril 1915, 60 p. 100 des soldats d'une division canadienne sont tués ou blessés en moins de 24 heures. Lors d'une autre journée de combat à La Somme, en 1916, le contingent canadien de 77 000 hommes reçoit l'ordre de faire progresser le front d'un kilomètre, ce qu'il fait aux dépens de 24 000 âmes. » [trad.]

Young, Brian et John A. Dickinson. Diverse pasts, a History of Québec and Canada, Toronto, Copp Clark Ltd., 1995, p. 263.

77) Comment peut-on expliquer la ferveur patriotique au Canada à l'amorce de la Première Guerre mondiale ?

« Quand Laurier avait déclaré que le XXe siècle appartiendrait au Canada, il imaginait que le pays profiterait de la croissance économique et deviendrait le "joyau de la couronne" britannique. Il n'est donc pas étonnant que les Canadiens se soient précipités dans les rues en apprenant la nouvelle de la déclaration de guerre et qu'ils aient manifesté leur patriotisme en agitant leurs mouchoirs et leurs chapeaux. Les stratèges militaires prédisaient une défaite rapide et humiliante de l'Allemagne. Presque tout le monde pensait que la guerre serait courte et que les soldats seraient rentrés chez eux pour Noël. Il y aurait des morts et des blessés graves, bien sûr, mais la plupart des soldats auraient une glorieuse aventure à raconter à leurs enfants. »

Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, Montréal et Toronto, Chenelière/McGraw-Hill, 2000, p. 75.

78) Qu'est ce que la propagande militaire?

« Le mot "propagande" fait référence à la mise en ?uvre de moyens pour convaincre les gens de croire à une certaine idée ou série d'idées. Durant la Première Guerre mondiale, la propagande sert à persuader les jeunes hommes et femmes de se joindre aux forces armées, à influencer l'opinion publique à propos de la guerre et de l'Allemagne, et à aider le gouvernement d'union à gagner les élections fédérales de 1917. Les affiches sur l'enrôlement pouvaient stimuler l'imagination des jeunes gens et les inciter à entrer dans les rangs. » [trad.]

Hundey, Ian M. et Michael L. Magarrey. Canadian History 1900-2000, Toronto, Irwin Publishing, 2000, p. 95.

«La plupart des affiches produites par le gouvernement pendant la Première Guerre mondiale visaient l'un des quatre objectifs suivants: 1) inciter les jeunes hommes à s'enrôler; 2) convaincre les gens d'acheter des obligations de la Victoire pour financer la guerre; 3) encourager les gens à économiser la nourriture; 4) inciter les gens à contribuer au Fonds patriotique canadien, le fonds qui aidait les familles des soldats envoyés outre-mer. »

Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, Montréal et Toronto, Chenelière/McGraw-Hill, 2000, p. 95.

« Je me suis enrôlé dans le 106e Bataillon parce que mon plus vieux frère était un officier dans cet uniforme. Je me suis engagé à une assemblée de recrutement à l'école Big Bras d'Or (...). Je pense qu'en grande partie c'était juste pour faire le brave. Je suis devenu quelqu'un d'important (j'étais rien qu'un garçon, j'avais 18 ans) en m'enrôlant devant l'assemblée communautaire. Ce sentiment - crée par la propagande - était répandu dans toute la société, jusque dans les régions rurales. Je me rappelle que quelqu'un est venu chez nous et que ma mère a suspendu le portrait d'un soldat avec une citation de Robert Burns: ? Pour de l'or, le marchand sillonne l'océan/ Le fermier laboure le domaine. / La gloire est le prix du soldat, / La richesse du soldat est l'honneur.? C'était de la propagande habile. C'est devenu une affaire émotive. Patriotique et émotive. Et je dirais que tout le monde avait le crâne bien bourré. Le Cap-Breton au complet, en tout cas. Tout le monde est entré dans l'armée, environ la moitié ont été tués. »

Témoignage de H.L. Livingstone, soldat du Cap-Breton, cité dans Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Les Éditions d'Acadie, 1994, p. 282.

79) Qui s'opposait à la conscription ?

« Pour beaucoup de Canadiens, il était impensable et inacceptable de ne pas adhérer totalement à la cause des Alliés. Si les hommes aptes au combat ne s'engageaient pas de plein gré, disaient-ils, il fallait alors les conscrire de force. Borden savait que la conscription allait être très mal reçue au Québec. Puisque les Québécois résistaient à s'enrôler volontairement, qu'allaient-ils faire si on les y obligeait ? Borden était quand même convaincu qu'il fallait augmenter le nombre de soldats. Le 18 mai 1917, il s'est levé à la Chambre des communes pour annoncer ses intentions. "Tous les citoyens sont responsables de la défense de leur pays, dit-il, et j'estime que la bataille pour la liberté et l'autonomie du Canada se livre en ce moment sur les plaines de France et de Belgique." Un mois plus tard, un projet de loi rendant le service militaire obligatoire pour tous les hommes âgés de 20 à 45 ans a été présenté à la Chambre de communes. »

Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, Montréal et Toronto, Chenelière/McGraw-Hill, 2000, p. 94.

« (...) je ne reconnais à aucun gouvernement le droit de nous imposer le service obligatoire pour prendre part aux guerres impériales. (...) Je n'accepterai pas la conscription, votée ou pas votée, décrétée par le gouvernement ou non. Je serai pendu ou fusillé, mais je demanderai toujours, avant la conscription, des élections et un référendum (vote de la population sur une question). »

Armand Lavergne, journaliste nationaliste Canadien-français, cité dans Jean-François Cardin, Raymond Bédard et René Fortin. Le Québec: héritages et projets, Laval, Éditions HRW, 1994, p. 318.

80) Quelle a été concrètement la participation des Canadiens au front?

« À vrai dire, les soldats du Corps expéditionnaire canadien forment un petit contingent parmi l'ensemble des forces alliées. Néanmoins, ils participent à plusieurs affrontements majeurs, d'abord sous le commandement britannique, puis sous celui du Canada. Leur véritable initiation au combat survient à Ypres à l'hiver 1915, où ils sont exposés à une nouvelle arme offensive mise au point par les Allemands : les gaz toxiques. Les Canadiens s'illustrent aussi à la bataille de la Somme en 1916, qui renforce quelque peu les positions des alliées mais qui se solde par la perte de 24 000 soldats canadiens morts ou blessés. À la bataille de Vimy, en 1917, l'intervention militaire canadienne s'avère déterminante. Cette offensive alliée, menée par le Corps expéditionnaire canadien, parvient à percer les lignes ennemies en capturant une position allemande qu'on disait imprenable. »

Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Les Éditions d'Acadie, 1994, p. 274.

« Sur le plan militaire, le Canada fournit un effort considérable en enrôlant environ un demi-million d'hommes, dont 60 000 meurent sur les champs de bataille d'Europe. Les troupes canadiennes prennent part à leur première bataille importante à Ypres en Belgique, en avril 1915. Vite reconnus pour leur endurance, les soldats canadiens sont envoyés dans la mêlée comme troupes de choc à plusieurs occasions. Leur principale victoire est celle de Vimy en France, en avril 1917. »

Louise Charpentier et al. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Montréal, CEC, 2e édition, 1990, p. 272.

81) En quoi consistait le quotidien d'un soldat canadien durant la guerre ?

« Les soldats canadiens ont passé l'hiver de 1914 sous la tente de la plaine venteuse de Salisbury, dans le sud de la Grande-Bretagne. L'hiver a été exceptionnellement pluvieux et le sol s'est transformé en une mer de boue. Chaque matin, les soldats étendaient leurs couvertures sous la pluie pour les laver de la boue séchée. Ils étaient trempés, gelés et affamés. Les rations étaient maigres. Avec un peu de chance, les soldats recevaient du gruau et du thé pour déjeuner; pour souper, ils se contentaient de restes de gruau et d'un peu de ragoût. »

Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, Montréal et Toronto, Chenelière/McGraw-Hill, 2000, p. 83.

4.2 Seconde Guerre mondiale

82) Quels sont les principaux secteurs à bénéficier de la relance économique?

« L’économie canadienne tourne donc à plein régime durant les années de guerre, au point que le produit national brut double entre 1939 et 1945. Comme de raison, le premier secteur qui bénéficie de la relance économique est celui de la production du matériel militaire. Pendant le conflit, environ 16 000 avions, 65 000 chars d’assaut, un million de fusils et quelques milliers de navires de transport et de navires militaires sortent des usines du pays. De plus, l’industrie lourde profite elle aussi de l’expansion économique en raison de la demande accrue en matériaux de base comme le fer et l’acier. Le secteur agricole suit également le mouvement à la hausse, ainsi que le secteur des services avec l’élargissement de la fonction publique, chargée d’administrer l’État, dont les activités et la taille ne cessent de croître. »
Couturier, Jean-Paul et Réjean Ouellette. L’expérience canadienne des origines à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 1994, p. 330.

83) Quel est l’impact de la Seconde Guerre mondiale sur le marché du travail?

« Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a pour effet quasi immédiat de donner le coup d’envoi à la reprise de l’activité économique. Par ricochet, le taux de chômage au pays baisse rapidement, passant de 11 à 4 p. 100 entre 1939 et 1941 parmi les travailleurs syndiqués, alors que les anciens chômeurs intègrent les forces armées ou obtiennent du travail dans les nouvelles industries de guerre. »
Couturier, Jean-Paul et Réjean Ouellette. L’expérience canadienne des origines à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 1994, p. 329.

«  À la fin de 1941, les ouvriers d’usine du pays entier faisaient des heures supplémentaires pour fabriquer du matériel militaire. Le chômage a disparu. De fait, la demande de main-d’oeuvre est devenue telle que le gouvernement a créé le Service sélectif national (SSN) pour diriger les travailleurs dans les industries qui avaient le plus besoin d’eux. Un travailleur ou une travailleuse qui acceptait un emploi sans l’approbation du Service était passible d’une amende de 550$ et d’une année d’emprisonnement. L’économie du Canada, que la crise des années 1930 avait minée, était maintenant rétablie. »
Newman, Garfield et al. Regard sur le Canada, 2e éd., Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 255.