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IDÉE D'ENQUÊTE J - FEMMES EN LUTTE!

La consultation de ces textes est proposée dans l'activité Web "Femmes en lutte!" (idée d'enquête J).

  1. Quels emplois les femmes des quartiers ouvriers occupent-elles durant la seconde moitié du 19e siècle?
  2. Pourquoi des femmes francophones choisissent-elles la vie religieuse au 19e siècle?
  3. Comment les femmes s’assurent-elles une certaine « sécurité financière », au 19e siècle, au Québec?
  4. Quelles luttes mène la Woman’s Christian Temperance Union (WCTU)?
  5. En quoi consiste le mouvement suffragiste?
  6. Qui sont les suffragettes et leur opposants?
  7. Quand les femmes ont-elles eu le droit de voter aux élections fédérales?
  8. Comment la situation juridique des femmes diffère-t-elle au Québec et dans les autres provinces au début du 20e siècle?
  9. Comment le mariage affecte-t-il le statut juridique de la femme au Québec, jusqu’au début du 20e siècle?
  10. Quelle est la situation juridique de la femme mariée au Québec, jusqu’au début du 20e siècle?
  11. Quelle est la situation juridique des femmes autochtones au 19e siècle?
  12. Quand la situation juridique des femmes autochtones s’améliore-t-elle?

 71) Quels emplois les femmes des quartiers ouvriers occupent-elles durant la seconde moitié du 19e siècle?

«On a trop souvent supposé que les femmes avaient été principalement employées dans les manufactures pendant la période de transformations qui accompagna l’expansion du capitalisme industriel. Il est clair que la croissance des manufactures et les nouvelles divisions du travail ouvrirent de nouveaux emplois aux femmes. Dans les années 1880 et 1890, les filles de [des quartiers] Saint-Anne et Saint-Jacques déclarent occuper des emplois d’emballeuses, de couturières, de cordonnières, de cigarières; certaines fabriquent des cartons ou travaillent dans des manufactures de collerettes et de chaussures, d’autres sont ouvrières imprimeuses ou compositrices, ou encore chargées de l’approvisionnement en papier de la presse dans des établissements d’imprimerie. Cependant, seul le tiers des filles résidant au domicile familial déclarent des emplois qui soient indiscutablement localisés dans des manufactures. Même à Sainte-Anne, qui se trouve au cœur de l’industrialisation de Montréal, seule une proportion relativement faible d’entre eux travaillent indubitablement en manufacture. En 1861, les deux tiers des jeunes filles de 14 à 20 ans sont couturières et travaillent dans la confection de robes et de coiffures féminines et dans la chaussure. La couture demeurera la profession principale, même si la proportion des jeunes filles de ce groupe d’âge qui y consacrent leur vie active diminue progressivement au cours de la période, jusqu’à ne plus représenter que 25% de l’ensemble du groupe, à mesure que s’ouvrent de nouvelles possibilités de travail. Impossible de déterminer la proportion de celles qui travaillent en manufacture, en atelier ou à domicile.

« Le travail domestique conserve une place importante tout au long de la période étudiée, mais la plupart des jeunes filles qui occupent ces emplois vivent à l’extérieur du domicile familial, avec d’autres familles. »

Bradbury, Bettina. Familles ouvrières à Montréal, Âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisation, Montréal, Les éditions du Boréal, 1995, p. 175-176.

 72) Pourquoi des femmes francophones choisissent-elles la vie religieuse au 19e siècle?

« Au XIXesiècle, compte tenu de l’absence d’éducation supérieure chez les francophones, la vie religieuse était probablement la seule façon d’éviter d’être soit mère de famille nombreuse, soit la vieille fille de la famille qui doit pensionner chez quelque parent. À court terme, c’était une stratégie intéressante de la part des femmes du Québec pour se soustraire à la dépendance directe des hommes. C’était assurément pour la majorité une assurance contre la misère et la pauvreté, pour certaines un moyen de contester le destin de la procréation et, pour quelques-unes, le moyen de faire carrière. »

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, éd. Le jour, 1992, p. 239.

 73) Comment les femmes s’assurent-elles une certaine « sécurité financière », au 19esiècle, au Québec?

« Ménagères, les femmes deviennent de plus en plus dépendantes pour leur survie du salaire de leur mari ou de leurs enfants. Ouvrières, domestiques et institutrices ne peuvent généralement pas atteindre une certaines autonomie financière avec leur seul salaire et doivent compter sur les autres pour survivre. Dans un tel contexte, une existence isolée est impensable, non seulement parce qu’elle est inconcevable au XIXe siècle, mais aussi quasi impossible financièrement. Le mariage est et demeure pour la majorité des femmes le chemin le plus sûr vers une sécurité matérielle. La multiplication des communautés religieuses à partir de 1840 offre par ailleurs une solution de rechange sécuritaire au mariage. »

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, éd. Le jour, 1992, p. 235.

 74) Quelles luttes mène la Woman’s Christian Temperance Union (WCTU)?

« La Woman's Christian Temperance Union (WCTU) voit le jour en Ontario en 1874 et fait vite figure de proue dans le mouvement canadien pour la tempérances et obtenir leurs réformes s'peuvent leur procurer. ___________________________canadien de la  cana. Sa fondatrice, Letitia Youmans, en fait une organisation pancanadienne en 1885. La WCTU fait campagne contre la consommation d’alcool et tente de faire interdire la vente de boissons alcoolisées au Canada. Puisque l’ivresse est perçue comme la cause de nombreux maux sociaux, dont la violence faite aux épouses et aux enfants, la WCTU s’attaque aussi à ces problèmes. L’organisation demande l’adoption de réformes donnant aux femmes plus de contrôle sur leur propre vie et se joint aux autres groupes qui militent en faveur du suffrage des femmes.

« Des milliers de femmes canadiennes appuient la WCTU à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Durant la Première Guerre mondiale, l’organisation atteint ses deux objectifs principaux : la prohibition (qui interdit la fabrication et la vente de boissons alcoolisées) et le suffrage des femmes (droit de vote). Mais le nombre de membres de la WCTU chute après la guerre pour s’établir aujourd’hui a environ 1 700 au Canada. » [trad.]

Sheehan, Nancy M., « Women’s Christian Temperance Union » (Version Junior de l’article), L’Encyclopédie canadienne, http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=J1ARTJ0008675(page consultée le 8 février  2005).

 75) En quoi consiste le mouvement suffragiste?

« Le mot “suffrage” fait référence au droit de vote. En 1791, les hommes votent à leurs premières élections canadiennes. Pendant 100 ans, ils sont les seuls à le faire et les seuls à pouvoir occuper une charge de politicien. L’opinion publique (tant féminine que masculine) considère alors que la politique, comme la médecine et le droit, sont des professions masculines.

« Mais les attitudes changent durant la seconde moitié du 19e siècle et une poignée de femmes font leur entrée dans des sphères d’activités traditionnellement réservées aux hommes. Des organisations féminines se mettent aussi à militer en faveur de réformes sociales, comme l’adoption de lois pour limiter la consommation d’alcool ou améliorer les conditions de travail des femmes dans les manufactures. Ces organisations comprennent vite qu’elles ne pourront pas influencer les politiciens et obtenir leurs réformes si elles n’ont pas le droit de vote.

« Fondé par Emily Stowe en 1876, le Women’s Literary Club de Toronto est le premier groupe canadien à revendiquer le suffrage des femmes. L’organisme adopte le nom de Toronto Women's Suffrage Association en 1883, puis celui de Canadian Suffrage Association en 1907. Après la mort d’Emily Stowe en 1903, sa fille Augusta Stowe-Gullen prend la barre de l’association. » [trad.]

Jackel, Susan, « Women’s Suffrage » (Version Junior de l’article), L’Encyclopédie canadienne, [En ligne] http://www.thecanadianencyclopedia.com/PrinterFriendly.cfm?Params=J1ARTJ0008687(page consultée le 8 février 2005).

 76) Qui sont les suffragettes et leur opposants?

« Vers 1880, les campagnes en faveur du vote sont nombreuses au Canada.  Les femmes se réunissent et échangent dans leurs cuisines et leurs salons, car elles ne peuvent aller seules dans les endroits publics.  Les femmes croient que le fait de voter leur permettrait de menacer et de convaincre, donc de susciter les réformes sociales qu’elles souhaitent.

« Les femmes de l’Ouest, au nombre desquelles on retrouve Nellie McClung, sont les premières à obtenir le droit de vote en 1916.  Le même processus se répète dans la plupart des provinces, et, en 1919, les femmes peuvent voter aux élections provinciales et être députées, sauf au Québec et à l’Île-du-Prince-Édouard.

« Pourtant, le Québec est dans la lutte.  La Montreal Suffrage Association est fondée en 1912 avec, à sa tête, Carrie Derrick qui participe aux revendications pour obtenir le vote au fédéral, ce qui est fait en 1917 pour les femmes qui ont un lien de parenté avec une personne ayant servi ou étant en service dans les forces armées, et étendu, l’année suivante, à toutes les Canadiennes.

« Pour continuer la bataille et prendre la relève de la Montreal Suffrage Association, Marie Gérin-Lajoie fonde avec Mme Walter Lyman le Comité provincial du suffrage féminin où travaillent ensemble francophones et anglophones.  Les suffragettes se heurtent constamment à l’opposition des autorités civiles et religieuses, qui pour des raisons différentes, tentes de garder les femmes en dehors de la politique le plus longtemps possible.

« Le pouvoir religieux craint le suffrage féminin qui amènerait, selon lui, l’émancipation trop rapide de la femme et l’attiédissement de la foi dans les familles; le gouvernement en place redoute d’accorder le droit de vote aux femmes, car il présume que ces nouvelles voix iraient è l’adversaire, le Parti conservateur.  […]

« Ces forces antiféministes retarderont la victoire jusqu’en 1940, et la virulence de leurs attaques tient bien des femmes à l’écart du mouvement. »

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Le Jour éditeur, 1992, p. 360.

 77) Quand les femmes ont-elles eu le droit de voter aux élections fédérales?

« Durant la Première Guerre mondiale, des milliers de femmes occupent les emplois d’hommes qui ont rejoint l’armée. D’autres risquent leur vie au front en qualité de médecins ou d’infirmières. Pendant ce temps au Canada, des pétitions et des référendums démontrent que le mouvement suffragiste jouit d’un vaste appui. En janvier 1916, le Manitoba adopte une loi qui accorde aux femmes le droit de vote. D’autres provinces emboîtent bientôt le pas. Ces lois s’appliquent aux élections provinciales, mais non fédérales. Les femmes obtiennent le droit de vote au palier fédéral en deux temps. En 1917, la Loi des élections en temps de guerre permet aux femmes militaires et à celles qui ont un lien de parenté avec un militaire de voter aux élections fédérales. Puis, en 1918, la Loi ayant pour objet de conférer le droit de suffrage aux femmes permet à toutes les citoyennes canadiennes de plus de 21 ans de voter aux élections fédérales à compter de janvier 1919. »  [trad.]

Jackel, Susan, « Women’s Suffrage » (Version junior de l’article), L’Encyclopédie canadienne, [En ligne] http://www.thecanadianencyclopedia.com/PrinterFriendly.cfm?Params=J1ARTJ0008687(page consultée le 8 février 2005).

 78) Comment la situation juridique des femmes diffère-t-elle au Québec et dans les autres provinces au début du 20esiècle?

« Lors de la codification de 1866 [le Code civil du Québec], on ne retrace ni femmes ni homes qui critiquent les dispositions confirmant le statut subordonné des épouses.  Ce silence peut s’expliquer entre autres par le fait qu’au Québec, jusqu’à la fin du XIXesiècle, les femmes jouissent de plus de droits que celles qui vivent dans les provinces de droit commun.  Les autres provinces canadiennes sont régies par la Common Law; ce système est si rigoureux que l’épouse n’a aucune existence légale séparée du mari, à qui passe, lors du mariage, le contrôle absolu de sa personne et de ses biens.

« Au milieu du XIXe siècle, des femmes vivant sous des juridictions de droit commun, que ce soit en Angleterre, aux États-Unis ou dans les autres provinces du Canada, font pression pour modifier cette situation.  Vers la fin du siècle, les lois sont peu à peu amendées par des Married Women’s Property Acts.  Au début du XXesiècle, l’unique régime matrimonial de la plupart des provinces canadiennes est celui de la séparation de biens.  […]  La situation étant alors renversée, ce sont les Québécoises qui ont la situation légale la moins enviable au Canada. Les anglophones du Québec seront d’autant plus sensibles à leur condition juridique que les autres anglophones ont maintenant une situation plus libérale. À la fin du XIXe siècle, des femmes du Québec commencent à remettre en question leur statut politique et juridique. Ce sont évidemment des femmes qui ont des biens, les femmes de la bourgeoisie, intellectuelles et professionnelles, qui ressentent le plus le besoin d’améliorer leur sort légal. »

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Le Jour éditeur, 1992, p. 168.

 79) Comment le mariage affecte-t-il le statut juridique de la femme au Québec, jusqu’au début du 20esiècle?

« Au début du [20e] siècle, les femmes célibataires ou veuves jouissent d’une pleine capacité de droit privé.  Il n’en va pas de même pour la femme qui convole en justes noces, et Marie Gérin-Lajoie ne se gênera pas pour qualifier le mariage de mort légale de la femme.

« L’incapacité juridique de la femme mariée est le principe sur lequel repose toute l’organisation familiale.  Le mari étant le chef incontesté de la communauté, c’est lui qui voit è l’entière administration des biens communs.  Pour exercer des droits civils, les femmes doivent obtenir l’autorisation maritale.  Au début du siècle, un juriste justifie l’exigence de cette autorisation maritale dérivant «  […] de la raison naturelle qui veut que, dans toute association, le moins apte aux affaires soit dirigé par le plus clairvoyant.  Enfin, il est fondé sur l’intérêt commun de la femme et du mari, lequel serait blessé si le sort de leur association était livré à l’imprévoyance et à la légèreté de l’associé le moins propre à gouverner et que, par caractère, la nature appelle à la subordination. »  Cette incapacité de la femme mariée ne découle pas de sa faiblesse et de son infériorité, dit-on, mais repose sur le principe de l’obéissance et du respect qu’elle doit à l’autorité de son mari.  Comme la plupart des femmes se marient très jeunes, elles ont donc rarement l’occasion d’exercer cette indépendance.  Naturellement, aucune femme, quelle que soit sa condition civile, ne peut accéder à des charges publiques.

« Étant donné la condition faite à la femme mariée, il est plus que logique que la réforme du Code civil devienne le premier cheval de bataille des féministes du début du XXesiècle. » 

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Le Jour éditeur, 1992, p. 348.

 80) Quelle est la situation juridique de la femme mariée au Québec, jusqu’au début du 20esiècle?

 

Situation juridique de la femme mariée selon le Code civil de la province de Québec de 1866 à 1915 [Extrait]

 

A – Sur le plan individuel

1.         Incapacité générale (comme les mineurs et les interdits [1]) :

a. Ne peut contracter;

b. Ne peut se défendre en justice ou intenter une action.

2.         Ne peut être tutrice.

3.         Ne peut être curatrice.

 

 

B – Relations personnelles avec le mari

1.         Soumission au mari. En échange, le mari lui doit protection.

2.         Nationalité imposée par le mari.

3.         Choix du domicile par le mari.

4.         Choix des résidences par le mari.

5.         Exercice des droits civils sous le nom du mari.

6.         Loi du double standard : Le mari peut toujours exiger la séparation pour cause d’adultère; la femme ne peut l’exiger que si le mari entretient sa concubine dans la maison commune.

 

C – Relations financières avec le mari

1.         Ne peut exercer une profession différente de celle de son mari.

2.         Ne peut être marchande publique sans l’autorisation du mari.

3.         En régime de communauté légale :

a.      Le mari est seul administrateur des biens de la communauté;

b.      Responsabilité face aux dettes du mari; non réciproque.

4.         En régime de séparation de biens :

a.      Ne peut disposer de ses biens [2];

b.      Le mari ne peut autoriser sa femme d’une façon générale : une autorisation particulière est exigée à chaque acte;

c.       Ne peut disposer de son salaire professionnel.

 

[1] Toutefois, elle a le droit de faire un testament. 184 et 382.

[2] Toutefois, elle peut administrer ses biens avec l’autorisation de son mari ou, à son défaut, avec celle d’un juge.

 

 

[…]

 

No du Code civil

 

 

 

986

986

282

337 a)

 

 

 

174

23

83

175

Coutume

 

 

 

 

 

 

181

179

 

1292

 

1294

 

1422

1424

 

1425

 

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Le Jour, éditeur, 1992, p. 355.

 81) Quelle est la situation juridique des femmes autochtones au 19e siècle?

« Ainsi, par la loi de 1869 [loi fédérale sur les Indiens], les femmes autochtones épousant des blancs perdent leur statut.  De plus, si une femme se marie avec un autochtone d’une autre bande ou d’une autre tribu, elle appartient désormais au groupe de son mari.  Elle doit nécessairement quitter la maison de ses parents et son lieu d’origine.  Si son mari, par décision du surintendant de la réserve, est expulsé, elle subit le même sort.  Cette loi prévoit aussi qu’à la mort de son mari elle ne peut hériter : seuls ses enfants sont les héritiers du père et il revient à ces derniers de pourvoir à la subsistance de leur mère.  Cette dernière clause est néanmoins modifiée en 1874 : le tiers des biens du mari va à l’épouse et les deux tiers aux enfants.  Enfin, la loi de 1869 nie totalement le rôle que les femmes de certaines communautés jouent dans les affaires politiques : désormais, les conseils de bande sont élus par les seuls mâles majeurs du groupe et les femmes n’ont plus aucune voix officielle. » 

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Le Jour, éditeur, 1992, p. 169.

 82) Quand la situation juridique des femmes autochtones s’améliore-t-elle?

 « Ainsi, Mary Two-Axe-Early, Mohawk de Kahnawake, milite pendant les années 70 [1970] pour la réforme des dispositions de la Loi sur les Indiens, qui crée un double standard pour les autochtones qui épousent des Blancs et leurs enfants, les dépossédant de leur identité autochtone et des droits et bénéfices qui en découlent.  Même si la réforme de cette loi en 1985 (Loi C-31) ne fait pas l’unanimité de toutes les femmes autochtones du Québec, 1555 femmes et 6974 de leurs enfants ont tout de même obtenu leur reconnaissance de statut.  Les femmes des nations autochtones se préoccupent de leur place et de leurs droits au sein de leurs communautés ainsi que de différentes questions économiques et sociales associées è une plus grande autonomie pour leur peuple.  Les traditions politiques des femmes autochtones, mises en veilleuse par le patriarcat européen, reprennent leur place. » 

Collectif Clio. L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Le Jour éditeur, 1992, p. 609.