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IDÉE D'ENQUÊTE H – LA CONFÉDÉRATION, UNE PATERNITÉ DIFFICILE!
La consultation de ces textes est proposée dans l'activité Web "La Confédération, une paternité difficile!" (idée d'enquête H).
- Quels sont les arguments de Dorion contre le projet de confédération?
- Quel modèle de confédération Macdonald privilégie-t-il?
- Quelle est l’opinion de Brown sur la séparation de l’Église et de l’État?
- Pourquoi les Bleus de Cartier acceptent-ils la représentation proportionnelle à la population, contrairement aux Rouges de Dorion?
- Pourquoi Macdonald favorise-t-il finalement une union fédérale alors qu’il privilégiait d’abord une union législative?
65) Quels sont les arguments de Dorion contre le projet de confédération?
« Lors des débats sur les résolutions [en vue d’adopter le projet de confédération], Antoine-Aimé Dorion […] s’oppose farouchement à l’entente. Comment la Confédération pourrait-elle protéger l’Amérique du Nord britannique contre les États-Unis alors qu’elle ne ferait qu’étendre la frontière à défendre? Pourquoi promouvoir une union douanière entre des colonies qui n’ont pas de tradition d’échanges? À quoi sert la promesse de chemins de fer intercoloniaux si la Confédération n’est qu’"une autre tentative d’usurpation des fonds publics au profit de la compagnie du Grand Tronc" qui mènerait toutes les colonies à la faillite? » [trad.]
Moore, Christopher. 1867: How the Fathers Made a Deal, Toronto, Christopher Moore Editorial Ltd., 1997, p. 147.
66) Quel modèle de confédération Macdonald privilégie-t-il?
« Le partage des compétences entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux est l’une des premières et des plus importantes questions à régler. Macdonald doit se rendre compte, lorsqu’on commence à utiliser le terme « fédéral », que ce terme a une grande extension. Il existe plusieurs sortes de fédéralisme. À un extrême, on a la constitution de la Nouvelle-Zélande établie en 1852, qui réduit presque les provinces au rang de municipalités. À l’autre, on a la première confédération des États-Unis, celle qui a été en vigueur de 1777 à 1789, et qui, en pratique, donne tous les pouvoirs aux États. Les objectifs de Macdonald sont nets et clairs. Il veut éviter ce que la guerre civile américaine a illustré de façon manifeste : la tendance qu’ont les systèmes fédéraux à se démanteler si le pouvoir possible, ne réservant aux provinces que le minimum nécessaire à un système fédéral. »
Waite, Peter. « Un défi continental : 1840-1900 », Histoire générale du Canada, Craig Brown (dir.), Montréal, Les éditions du Boréal, 1990, p. 411, p. 390.
67) Quelle est l’opinion de Brown sur la séparation de l’Église et de l’État?
« George Brown croit fermement à la séparation de l’Église et de l’État, non pas parce qu’il s’oppose à la religion ou n’est pas croyant. Au contraire, George Brown est un fervent membre de l’Église presbytérienne d’Écosse, descendant des premiers protestants à avoir condamner la corruption et le matérialisme de l’Église de Rome. […] Mais ce sont les catholiques, et non les protestants, qui se sentent les plus menacés par […] la religion et les opinions politiques de George Brown. » [trad.]
Moore, Christopher. 1867: How the Fathers Made a Deal, Toronto, Christopher Moore Editorial Ltd., 1997, p. 10.
68) Pourquoi les Bleus de Cartier acceptent-ils la représentation proportionnelle à la population, contrairement aux Rouges de Dorion?
« Sa réputation de défenseur des traditions n’étant pas en jeu, George-Étienne Cartier peut se permettre de faire le saut et d’accepter la représentation selon la population. Ce n’est plus le cas des Rouges. Dans le Québec conservateur des années 1860, leur choix de remettre en question l’autorité du clergé en défendant les intellectuels libres penseurs et l’éducation non confessionnelle est déjà bien assez radical. […] Lorsque George Brown et George-Étienne Cartier commencent à parler de fédéralisme au printemps 1864, George Brown espère que les dirigeants rouges se joindront à la coalition. Mais ceux-ci adoptent la position traditionnelle des Bleus et rejettent l’idée de représentation selon la population. Ils proposent plutôt de maintenir le principe d’égalité régionale du Canada-Est et Canada-Ouest. Ils refusent d’adhérer à la coalition de 1864 et déclarent s’opposer à sa politique fédérale. » [trad.]
Moore, Christopher. 1867: How the Fathers Made a Deal, Toronto, Christopher Moore Editorial Ltd., 1997, p. 145-6.
69) Pourquoi Macdonald favorise-t-il finalement une union fédérale alors qu’il privilégiait d’abord une union législative?
« John A. Macdonald est le seul membre du triumvirat [Grande Coalition] à avoir peut-être ressenti momentanément des doutes [à propos du système fédéral]. Comme ses collègues, il croit que la seule fédération possible est une union fédérale de toutes les colonies de l’Amérique du Nord britannique. Mais il commence à douter que l’union des colonies n’apporte à l’Amérique britannique transcontinentale la puissance dont il rêve, alors que puissance et expansion sont, à ses yeux, les buts principaux de la Confédération. […] John A. Macdonald ne vit que pour la réalpolitik. Il sait aussi bien que George-Étienne Cartier, et mieux que George Brown, que la réalpolitik est l’art du possible. » [trad.]
Creighton, Donald. The Road to Confederation, The Emergence of Canada: 1863-1867, Toronto, Macmillan of Canada, 1964, p. 60
