Repérer

Consulter

Créer

Partager

Pour en savoir plus

IDÉE D'ENQUÊTE E - ENGAGEZ-VOUS QU’ILS DISAIENT!

La consultation de ces textes est proposée dans l'activité Web "Engagez-vous qu'ils disaient!" (idée d'enquête E).

  1. Quelles mesures le gouvernement canadien met-il de l’avant durant la Première guerre mondiale?
  2. À quel type d’opérations les troupes canadiennes prennent-elles part?
  3. Pourquoi la Bataille de Vimy est-elle symbolique pour les Canadiens?
  4. Quel sentiment souvent évoqué permet aux soldats canadiens de tenir le coup?
  5. Quelles sont les conditions de vie au combat?
  6. Pourquoi les historiens caractérisent la Première guerre comme étant une guerre de tranchées ?
  7. Quels vices accablent la société canadienne durant la guerre et quelles sont les mesures mises en place pour y remédier ?
  8. Quelles sont quelques-unes des conséquences du premier conflit mondial ?

 37) Quelles mesures le gouvernement canadien met-il de l’avant durant la Première guerre mondiale?

« En août, le gouvernement accorda, le droit de vote aux soldats, à leurs épouses, leurs sœurs et leurs mères et retira le leur aux citoyens nés en territoire ennemi avant 1902. Choquante à l’époque et depuis lors, la Loi des élections en temps de guerre convainquit les Libéraux favorables à la conscription de se joindre à Borden ou d’affronter une lutte sans espoir. À la tête d’un gouvernement d’union, Borden fit sa campagne durant l’automne 1917 avec les idées progressistes qu’il avait toujours prônées et que les Conservateurs avaient toujours méprisées, soit le droit de vote pour les femmes, la nationalisation des chemins de fer, une fonction publique fondée sur le mérite et bien sûr, beaucoup d’ardeur face à l’effort de guerre. »

Morton, Desmond, « La Guerre d’indépendance du Canada une perspective anglophone », dans Roch Legault et Jean Lamarre (dir.), La Première Guerre mondiale et le Canada: contributions sociomilitaires québécoises, Montréal, Éditions du Méridien, 1999, p. 22-23.

 38) À quel type d’opérations les troupes canadiennes prennent-elles part?

« Les troupes canadiennes prenant part à la Première Guerre mondiale participent surtout à des opérations offensives. Mais leur première en est une défensive: elle se déroule dans le saillant d’Ypres (la deuxième bataille d’Ypres) alors que la Première Division canadienne fait les frais de la première attaque au moyen du gaz au chlore, dont les effets sont horribles. En dépit de lourdes pertes subies à Ypres et du terrain perdu, les Canadiens parviennent à contenir l’Armée allemande. Au Canada, l’enthousiasme pour la guerre se maintient. Les recrues continuer d’affluer et la Deuxième Division prend forme en 1915. En septembre, elle se rend en France ; un corps canadien est créé, et, en décembre, la Troisième Division canadienne vient s’y ajouter, suivie de la Quatrième Division. En juillet 1917, le Corps est mené par un commandant canadien, le lieutenant-général sir Arthur Currie. »

Swettenham, John. La percée de la ligne d’Hindenburg, La série des Batailles canadiennes no3, Toronto,  Balmuir Book Publishing Ltd, novembre 2003, p. 2. (accessible via le site du département de la Défense nationale.)

 39) Pourquoi la Bataille de Vimy est-elle symbolique pour les Canadiens?

« Malgré les énormes pertes subies sur le front ouest [en Europe], le moral des troupes demeure élevé et tout le corps est imprégné d’un sentiment de supériorité qu’il conservera jusqu’au jour de l’Armistice. En avril 1917, les quatre divisions canadiennes, combattant côte-à-côte pour la première fois, s’emparant d’une formidable position défensive allemande: la crête de Vimy. C’est la première victoire remportée exclusivement par le Corps canadien. À partir de ce moment, le Corps canadien ne connaît que des succès et les troupes canadiennes se taillent une réputation inégalée dans l’ensemble des armées alliées. »

Swettenham, John, La percée de la ligne d’Hindenburg, La série des Batailles canadiennes no 3, Toronto,  Balmuir Book Publishing Ltd, novembre 2003, p. 2. (accessible via le site du département de la Défense nationale.)

 40) Quel sentiment souvent évoqué permet aux soldats canadiens de tenir le coup?

«                                      France, 5 mai 1917

        Nous recevons ce matin notre approvisionnement de cartouches, un nouveau masque à gaz et un casque d’acier. Nous réalisons maintenant que les choses deviennent sérieuses, et que nous avons fini de jouer “au soldat de parade” comme nous disions en Angleterre. Vers trois heures, un sergent pénètre sous la tente et annonce que nous partirons ce soir pour les tranchées. Après le départ du sous-officier, pendant quelques minutes, tout reste silencieux. On dirait que chacun réfléchit à la gravité de la nouvelle qui vient de nous être communiquée. Je me sens pris tout à coup d’une vague crainte. Moi qui avais tant hâte de venir en France et de rejoindre les camarades qui combattent en ligne de feu, je ressens une inquiétude que je ne puis définir. Je veux pourtant être brave et bien faire mon devoir. »

Lapointe, Arthur, Soldier of Quebec, translated by R. C. Fetherstonhaugh, Montréal,  Éditions Edouard Garand, 1931, p. 23.

 

« Aujourd’hui, il est difficile de comprendre l’esprit de l’époque ou l’enthousiasme qui pousse ces jeunes hommes à s’engager à aller mourir. En 1914, la guerre est encore une entreprise "glorieuse". […] Le patriotisme est un autre motif puissant. "Je ne le fais pas", comme l’écrit un jeune à sa mère, "pour l’envie du combat ou l’amour de l’aventure; je vais me battre pour notre nation."  De tels sentiments sont particulièrement forts chez les immigrants de l’Angleterre, qui représentent le tiers des plus de deux millions de personnes venues s’installer au Canada depuis le début du siècle. » [trad.]

Dancocks, Daniel G., Welcome to Flanders Fields, The First Canadian Battle of the Great War: Ypres, 1915, Toronto,  Douglas Gibson Book, 1988, p. 20-21.

 41) Quelles sont les conditions de vie au combat?

« Aux premières lueurs du jour, brisé fourbu, je quitte mon misérable abri pour gagner la grande route qui s’allonge dans la direction d’Ypres. Aussitôt que j’ai atteint le chemin pierreux, je me mets à courir de toutes mes forces. Mes jambes affaiblies se soumettent tout d’abord difficilement au violent exercice que je leur impose, puis peu à peu elles se détendent. Quand je me sens à bout de force, je prends le pas. Une hutte du Y.M.C.A s’offre à moi mais, les portes sont closes. Une pancarte attire mon attention, j’y lis ces lignes. “Portes ouvertes à 6 hres a.m. pour distribution de café chaud aux soldats venant des tranchées.” Je songe qu’il doit être plus de six heures, et les portes sont encore closes. En attendant l’ouverture, j’arpente la route. Je sens la faim me tirailler l’estomac. Je crois que je n’ai rien pris depuis notre départ d’Ypres hier après-midi. Les portes s’ouvrent enfin et je pénètre à l’intérieur. J’absorbe deux tasses de café chaud et des biscuits, puis ma tête alourdie par les fatigues de cette dernière nuit tombe sur ma poitrine et je me mets à sommeiller. »

Lapointe, Arthur, Soldier of Quebec, translated by R. C. Fetherstonhaugh, Montréal, Éditions Edouard Garand, 1931, p. 74.

 

 « Je suis brusquement réveillé par une terrible explosion qui arrache la toile formant l’entrée de notre trou et nous aveugle de poussière. Par bonheur, nous reposions encore. Debout, nous aurions été balayés par le projectile. L’artillerie ennemie est ce matin très active. Le ciel est rempli de sifflements aigus. Est-ce que les Allemands seraient en train de préparer une attaque sur notre front ? »

Lapointe, Arthur, Soldier of Quebec, translated by R. C. Fetherstonhaugh, Montréal,  Éditions Edouard Garand, 1931, p. 44.

 42) Pourquoi les historiens caractérisent la Première guerre comme étant une guerre de tranchées ?

« La façon dont s’établissait une tranchée ne pouvait donner lieu à la régularité. Lors d’une avance ou d’un recul, les troupes recevaient l’ordre de s’arrêter sur une ligne imaginaire et de s’y retrancher. On se jetait alors dans les trous d’obus. S’il y en avait pas, le soldat se couchait tout bonnement à terre en se mettant à fouir le sol avec une espèce de pelle à manche court, qui était une partie importante de son équipement. Il se hâtait de creuser une fosse de six pieds de longueur et d’au moins 18 pouces de profondeur, ayant toujours soin de rejeter la terre enlevée face à l’ennemi, afin de former un parapet. Dès que le feu devenait moins vif, ou avec la tombée de la nuit, des partis de pionniers accouraient de l’arrière pour consolider la ligne, travail consistant à élargir et approfondir les trous, à relier entre eux pour former une tranchée continue. La tranchée était disposée en zigzag afin de limiter l’effet des obus. »

Filteau, Gérard, Le Québec et le Canada et la guerre 1914-1918, Montréal, Éditions de l’Aurore, 1977, p. 43.

 

« La promiscuité de la vie dans les tranchées (…) favorise l’infestation par des poux et la propagation des maladies. La neige et la pluie remplissent les tranchées et y restent coincées. Aussi, les hommes passent des jours entiers les pieds plongés jusqu’aux genoux dans de l’eau crasseuse. La peau pourrit parfois de l’intérieur, une affection que l’on appelle "pied des tranchées". Les engelures mènent à l’amputation. Chez les jeunes hommes habitués aux grands espaces des prairies anglaises ou nord-américaines, la vie au fond des tranchées peut entraîner une claustrophobie grave. » [trad.]

Granfield, Linda, Where Poppies Grow, a World War I Companion, Toronto, Stoddart, 2001, p. 11.

 43) Quels vices accablent la société canadienne durant la guerre et quelles sont les mesures mises en place pour y remédier ? 

« Dans le combat contre le césarisme, tous les gens de bonne volonté doivent certainement s’entendre sur le besoin de purger la société canadienne de l’avarice, de la corruption, de l’esprit de parti, du vice et du mal que représente l’alcool.  La solidarité en temps de guerre ne laisse aucune place à l’arrogance du capital, à la violence révolutionnaire ou à l’égoïsme sectaire. Aux féministes issues de la classe moyenne qui ont mené la lutte pour le droit de vote, la guerre offre un nouvel argument : si la victoire dépend du renouveau du sens moral, alors le segment de population qui fait le plus preuve de rectitude morale doit étendre son pouvoir au-delà de la famille. “Les femmes font le ménage depuis le début des temps, déclare Nellie McClung en 1916, et si elles entrent en politique, elle vous nettoieront tous les recoins où s’est amassée la poussière”. » [trad.]

Morton, Desmond and J.L. Granatstein, Marching to Armageddon, Canadians and the Great War 1914-1918, Toronto, Lester and Orpen Dennys Limited, 1989, p. 88.

 44) Quelles sont quelques-unes des conséquences du premier conflit mondial ?

« Pour les Canadiens, la Première Guerre mondiale reste, comme pour la plupart de ceux qui l’étudient, une tragédie pour la civilisation occidentale et un coup de grâce à l’illusion que la guerre est une aventure glorieuse. Soixante mille Canadiens qui partirent au combat et rentrèrent jamais et au moins soixante mille autres rentrèrent tellement mutilés de corps et d’esprit que leur vie ne fut plus jamais vraiment comme avant. La guerre tripla la dette nationale et l’impôt national sur le revenu, un expédient de guerre, est toujours avec nous aujourd’hui. Les femmes canadiennes ont obtenu le droit de vote et tous les Canadiens ont perdu le droit de boire durant la guerre, même si la prohibition totale a pris fin pour la plupart d’entre eux en 1925. » [trad.]

Morton, Desmond and J.L. Granatstein, Marching to Armageddon, Canadians and the Great War 1914-1918, Toronto,  Lester and Orpen Dennys Limited, 1989, p. 32.