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IDÉE D'ENQUÊTE D -MOODYVILLE, VIE ET MORT D’UN VILLAGE PIONNIER

La consultation de ces textes est proposée dans l'activité Web "Moodyville, vie et mort d'un village pionnier" (idée d'enquête D).

  1. Quelle est l’importance des activités commerciales dans la baie de Burrard Inlet pour le développement de Vancouver?
  2. Quelle est la taille de l’industrie forestière en Colombie-Britannique, dans les années 1870?
  3. Quelle est la santé financière de la scierie de Sewell Moody, vers 1870?
  4. Comment la dépression économique mondiale de 1873 se répercute-t-elle au Canada?
  5. Quel est l’impact de la crise économique de la fin du XIXe siècle sur l’industrie forestière, en Colombie-Britannique?
  6. Comment la construction du chemin de fer influence-t-elle l’industrie forestière, en Colombie-Britannique?
  7. Qu’est devenue Moodyville aujourd’hui?

 30) Quelle est l’importance des activités commerciales dans la baie de Burrard Inlet pour le développement de Vancouver?

« Mais, compte tenu de l’importance que prendra plus tard Vancouver, l’événement le plus significatif des années 1860 est peut-être l’émergence de Burrard Inlet, un port de mer qui commence déjà à rivaliser avec ceux de Victoria et de New Westminster. Le commerce dans l’anse se résume presque entièrement à l’exploitation du bois. En 1865, Edward Stamp entreprend la construction de Hastings Mill sur la rive Sud. Deux ans plus tard, « Gassy Jack » Deighton fonde l’hôtel Deighton dans Gastown, le premier noyau urbain de Vancouver dont le nom respectable est Granville. Plus à l’Ouest, Jemeriah Rogers ouvre un commerce de mâts de navire à Jericho Beach, appelé à l’époque Jerry’s Cove. Sur la rive Nord à Moodyville – qui deviendra plus tard North Vancouver –, « Sue » Moody a déjà construit une scierie à vapeur. Des voiliers transportent du bois de sciage et des mâts des exploitations de Hastings et de Moodyville jusqu’à Sans Francisco, l’Amérique latine, l’Australie, la Chine et même l’Angleterre. Les scieries de Burrard Inlet et leurs minuscules colonies donnent encore l’impression d’un prolongement de New Westminster, à laquelle l’anse est rattachée par voie de terre. Seule une poignée de visionnaires imagine déjà l’avenir prospère que connaîtra l’anse à titre de l’un des grands ports de mer du Canada. » [trad.]

Woodcock, George. British Columbia, a History of the Province, Vancouver/Toronto, Douglas & McIntyre, 1990, p. 123.

 31) Quelle est la taille de l’industrie forestière en Colombie-Britannique, dans les années 1870?

« L’exploitation du bois, qui deviendra la principale industrie de la Colombie-Britannique, demeure [dans les années 1870] une activité de faible envergure. L’économie des villages des environs stagne, et les gens achètent très peu de bois. Heureusement, les scieries de Burrard Inlet peuvent compter sur le marché de l’exportation. En tout 27 scieries emploient approximativement 400 personnes. » [trad.]

Woodcock, George. British Columbia, a History of the Province, Vancouver/Toronto, Douglas & McIntyre, 1990, p. 152.

 32) Quelle est la santé financière de la scierie de Sewell Moody, vers 1870?

« Au milieu de 1868, la scierie Moody (maintenant alimentée à la vapeur) a déjà expédié près de 6 000 000 de pieds de bois de sciage et 800 000 bardeaux (tous coupés à la main) en une année, comparativement aux 4 000 000 de pieds de bois de sciage et 100 000 bardeaux de la scierie d’Edward Stamp. Mais un autre aspect encore plus notable distingue les deux entreprises : Edward Stamp doit fermer ses portes alors que Moody continue de prospérer. Les affaires de Sewell Moody vont si bien qu’il fait installer un télégraphe pour relier Hastings Mill à la ville royale et que l’incendie qui ravage sa scierie l’incommode à peine et il reprend très vite sa production. » [trad.]

Paterson, Thomas W. British Columbia, The Pioneer Years, Langley (B.C.), Stagecoach Publishing, 1977, p. 67.

 33) Comment la dépression économique mondiale de 1873 se répercute-t-elle au Canada?

« Six ans après la fondation du Canada moderne, l’économie du pays – comme celle de la majorité des nations développées – tente de se relever d’une dépression économique sans précédent. La contraction de l’activité économique débute en 1873 et dure pendant une période qui varie selon le pays. En Grande-Bretagne, les effets de la crise se poursuivent probablement jusqu’à la fin du siècle environ. Aux États-Unis, la récession est bien plus prononcée, mais dure moins longtemps. Au Canada, comme nous l’avons déjà mentionné, la crise fait grimper le chômage, un problème auquel s’attaquent les artisans de la politique nationale. Même si il n’y a aucune donnée concrète indiquant l’ampleur du problème, le manque d’emplois inquiète et, jumelé à la baisse de plus de 20 p. 100 des importations dans les années 1870, laisse présager une situation bien plus grave qu’elle ne le semble. Dans une économie simple, les importations donnent un bon aperçu des mouvements du revenu national. » [trad.]

Marr, William L. and Donald G. Paterson. Canada: An Economic History, Toronto, Gage Publishing, 1980, p. 340.

« Lorsque survient le krach boursier de 1873, le Canada compte trente scieries qui produisent des pâtes ou du papier.  En 1878, dix ont disparu et sept sont inactives; treize seulement sont encore en exploitation. » [trad.]

Naylor, R.T. The History of Canadian Business 1867-1914, Volume Two - Industrial Development, Toronto, James Lorimer & Company, 1975, p. 79.

 34) Quel est l’impact de la crise économique de la fin du XIXe siècle sur l’industrie forestière, en Colombie-Britannique?

« Entre 1890 et 1914, les facteurs économiques jouent un rôle considérable dans le développement de l’industrie, l’élaboration des lois du pays et, éventuellement, la rédaction de la politique régissant l’exploitation des fôrets. Tout comme le reste de la nation, la Colombie-Britannique souffre de la longue dépression qui assombrit la seconde moitié du XIXe siècle. Au début des années 1890, le nombre de scieries dans la province est en chute libre. En général, l’industrie stagne jusqu’en 1898, lorsque l’arrivée d’un grand nombre de colons venus s’établir dans les Prairies stimule enfin la demande de bois de la côte Ouest. » [trad.]

Gillis, Peter R. and Thomas R. Roach.  « A Touch of Pinchotism : Forestry in British Columbia, 1912-1939 », A History of British Columbia, Selected Readings (Patricia E. Roy (dir.), Toronto, Copp Clark Pitman Ltd, 1989, p. 76.

 35) Comment la construction du chemin de fer influence-t-elle l’industrie forestière, en Colombie-Britannique?

« La construction du chemin de fer transcontinental consomme des quantités énormes de bois. À l’intérieur des terres, des scieries s’installent le long de l’emprise de la voie. D’autres ouvrent leurs portes sur les rives de la rivière Fraser et autour de Burrard Inlet. Ce remaniement géographique aura des avantages pour l’industrie jusque dans les années 1950 puisque les plus grandes usines de transformation s’installent de plus en plus à l’extrémité sud-ouest de la province. En 1891, … la ville de Vancouver… a remplacé Victoria au rang de plus grande collectivité de la Colombie-Britannique. Elle compte 14 000 habitants, ou 14 p. 100 de la population de la province. En 1900, Vancouver est la capitale financière de la région et contrôle les importantes ressources de l’arrière-pays qui s’étend au Nord et à l’Est. » [trad.]

Gillis, Peter R. and Thomas R. Roach. « A Touch of Pinchotism: Forestry in British Columbia, 1912-1939 », A History of British Columbia, Selected Readings (Patricia E. Roy, dir.), Toronto, Copp Clark Pitman, 1989, p. 74.

 36) Qu’est devenue Moodyville aujourd’hui?

« Aujourd’hui, Moodyville est une banlieue de la troisième ville en importance au Canada et continue de prospérer sous le nom de North Shore. Chaque année le 30 janvier, les habitants célèbrent le jour de Moodyville, en mémoire du passé glorieux de la région et de Sewell Prescott Moody, le visionnaire du bois qui lui a ouvert la voie. L’arrivée du chemin de fer en 1880 a peut-être assuré l’épanouissement de Vancouver, mais c’est l’industrie du bois qui l’a mis au monde. » [trad.]

Paterson, Thomas W. British Columbia, The Pioneer Years, Langley (B.C.), Stagecoach Publishing, 1977, p. 69.