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IDÉE D'ENQUÊTE Nº 6 -POUR OU CONTRE LE PORT DU CORSET?

La consultation de ces textes est proposée dans l'activité Web "Pour ou contre le port du corset?" (idée d'enquête no6).

  1. Comment le débat sur le port du corset naît-il et évolue-t-il?
  2. Qui sont les principaux acteurs qui s’affrontent au sujet du port du corset?
  3. Pourquoi certains médecins prennent-ils part au débat sur le port du corset?
  4. Pourquoi les femmes n’abandonnent-elles pas le corset au 19e siècle et au début du 20e siècle?

 21) Comment le débat sur le port du corset naît-il et évolue-t-il?

« Pourtant, à partir du milieu du siècle, d’intenses discussions sur le but et la signification du corset ont lieu entre médecins, ministres, couturiers, féministes, réformateurs de l’habillement féminin, militants de la santé et de l’hygiène, et partisans du laçage serré.  Leur long débat laisse entendre que des efforts continus sont déployés pour assurer le maintien du corset.  

« Au début du 20esiècle, les corsets se resserrent encore davantage. La situation donne un souffle nouveau à leurs opposants et le débat reprend de plus belle. »  [trad.]

Field, Jill. « Fighting the corsetless Evil » : Shaping Corsets and Culture, 1900-1930, Journal of Social History 33.2 (1999) 355-384 [En ligne] http://muse.jhu.edu/journals/journal_of_social_history/v033/33.2fields.html

 

 22) Qui sont les principaux acteurs qui s’affrontent au sujet du port du corset?

« Les controverses du corset qui font rage durant tout le siècle n’opposent pas principalement fervents adversaires à fidèles partisans du port du corset. […] Même si l’on trouve des "extrémistes" des deux côtés du débat, la plupart des gens ont une attitude centriste. Ils s’opposent au "laçage serré" et à "l’abus" du corset mais restent en faveur de son utilisation "modérée", quelle que soit la définition donnée à ces termes. » [trad.]

Valerie Steele. The Corset: A Cultural History. New Haven, Connecticut Yale University Press, 2001, p. 52.

« […] Parmi les éléments durs de la lutte anticorset figurent de nombreux médecins (mais pas tous) et de nombreuses féministes (mais pas toutes). […] Cependant, les féministes et les femmes médecins sont elles-mêmes ambivalentes à l’égard du corset. » [trad.]

Valerie Steele. The Corset: A Cultural History. New Haven, Connecticut Yale University Press, 2001, p. 59.

 

« […] Les médecins ne sont pas les seuls que la société moderne et la mode inquiètent. Au Canada, la Ontario Woman’s Christian Temperance Union déclare publiquement que la mode féminine nuit à la santé. Aux États-Unis, dans les années 1840 et 1850, des féministes tentent de rejeter les préceptes de la mode et de porter le costume bloomer, rendu célèbre par Amelia Bloomer. » [trad.]

Wendy Mitchinson. The Nature of Their Bodies. Women and their Doctors in Victorian Canada. Toronto, University of Toronto, 1991, p. 70.

 

« Les hommes n’obligent pas les femmes à porter le corset. Au contraire, beaucoup de symboles d’autorité masculins, dont des médecins, s’opposent au port du corset. C’est aussi le cas d’une minorité bruyante de réformateurs de l’habillement des deux sexes, qui se demandent pourquoi une majorité de femmes continuent de porter le corset. » [trad.]

Valerie Steele. The Corset: A Cultural History. New Haven, Connecticut Yale University Press, 2001, p. 35.

 

 23) Pourquoi certains médecins prennent-ils part au débat sur le port du corset?

« Pourquoi les médecins voudraient-ils prendre part au débat sur le corset? Au 19e siècle, la profession médicale (dominée par des hommes et très patriarcale) se voit attribuer la responsabilité de maintenir la santé, en plus de celle de combattre la maladie. L’hygiène personnelle et la santé publique sont dorénavant de son ressort. Chez les femmes, l’hygiène personnelle comprend les questions de mode et de beauté, la sexualité, la maternité et les questions "délicates". Le concept de la santé s’élargit et englobe dorénavant la santé morale, spirituelle, psychologique, sexuelle et publique, ainsi que le bien-être des générations futures. Comme les moyens de communication de tout genre, y compris les revues spécialisées et de vulgarisation, se multiplient tout au long du siècle, les médecins commencent à publier leurs points de vue à propos de ces questions. » [trad.]

Valerie Steele. The Corset: A Cultural History. New Haven, Connecticut Yale University Press, 2001, p. 83.

 

« Durant ces deux décennies (1880 et 1890), les ouvrages médicaux offrent des informations beaucoup plus précises sur les méfaits de la mode, peut-être en raison de la place grandissante qu’occupe la gynécologie et de la prolifération de l’information sur les maladies propres aux femmes. À l’instar des décennies précédentes, les médecins s’inquiètent principalement du laçage serré et du port du corset. D’après les ouvrages, ils peuvent tous deux causer les troubles suivants : fausse-couche, déviation utérine, inflammation locale du foie, calculs et coliques biliaires, foie flottant, abdomen proéminent et entéroptose, prolapsus et flexion de l’utérus, incurvation latérale de la colonne, anémie, chlorose, dyspepsie, capacité pulmonaire réduite et inanition d’oxygène, névralgie intercostale, faiblesse oculaire, mal de Bright. » [trad.]

Wendy Mitchinson. The Nature of Their Bodies. Women and their Doctors in Victorian Canada. Toronto,  University of Toronto, 1991,  p. 68.

 

 24) Pourquoi les femmes n’abandonnent-elles pas le corset au 19e siècle et au début du 20e siècle?

« Il existe certainement un lien étroit entre l’hésitation des femmes à abandonner le corset et leur intérêt pour la mode. Mais on ne peut attribuer à la mode le pouvoir de pousser les femmes à agir contre leur intérêt. » [trad.]

Valerie Steele. The Corset: A Cultural History. New Haven, Connecticut Yale University Press, 2001, p. 35.

 

 « Les femmes âgées, et non les hommes, ont la responsabilité première d’assurer le respect des normes vestimentaires. Dans la famille, le patriarche délègue habituellement à sa femme, voire à sa mère, le pouvoir de décider des vêtements que porteront les membres de la famille de sexe féminin. Le poids qu’exercent les normes de bienséance et de respectabilité au plan culturel rend difficile l’abandon du corset, même par celles qui le désirent […]

Durant le 19e siècle, la vie se transforme rapidement, ce qui pousse la société à tenter nerveusement de conserver certaines traditions, particulièrement celles qui se rapportent aux femmes. En outre, comme la sécurité socio-économique de la plupart des femmes dépend de leur mariage, on comprend que leurs mères et grand-mères veulent maximiser leur attrait physique et protéger leur réputation de jeunes femmes convenables. » [trad.]

Valerie Steele. The Corset: A Cultural History. New Haven, Connecticut Yale University Press, 2001, p. 51.