Musée McCord d'histoire canadienne
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Ces chers disparus; photographies posthumes
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Ces chers disparus; photographies posthumes

Au 19e siècle, les photos post mortem n’avaient pas la même signification qu’aujourd’hui; la mort était plus fréquente, jamais bien loin.


Transcription

Lilly Koltun, Directrice, Musée du portrait du Canada

Lily Koltun
Au 19e siècle, les portraits n’avaient pas la même signification qu’aujourd’hui. À l’époque, les gens voulaient souvent un portrait de quelqu’un d’autre, pas nécessairement d’eux-mêmes. Ils faisaient faire des portraits des membres de leur famille parce que la mort était très fréquente, jamais bien loin. L’éloignement était synonyme de danger. Quelqu’un pouvait partir en voyage d’affaires et ne jamais revenir.
Narratrice
Fanny, l’aînée des enfants de Notman, meurt à l’âge de 11 ans d’une méningite spinale. Sa fille Alice meurt de la typhoïde à 17 ans. De telles pertes ne sont pas rares, et bien souvent, les parents commémorent l’événement.

Joan M. Schwartz, Queen’s University, Archives nationales du Canada

Joan Schwartz
Il y a une merveilleuse ressemblance entre les photographies des enfants décédés et celles des enfants endormis. Parfois, en regardant ces photos, on se demande si l’enfant dort ou s’il est décédé. La mort était d’ailleurs appelée le sommeil éternel. Selon moi, pour bien comprendre les photos post mortem, il faut avant tout comprendre la conception de la mort qu’avaient les gens du 19e siècle, et également l’importance d’entretenir les liens familiaux, même après la mort. Les photos d’enfants décédés étaient très précieuses pour les familles en deuil, mais elles demeuraient tout aussi précieuses longtemps après que le deuil soit fait. L’enfant faisait toujours partie de la famille, même après sa mort. Du moins sur le papier.