En bûcher un coup : La vie de bûcheron au Nouveau-Brunswick

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Introduction

Musée du Nouveau-Brunswick, 2003

Imaginez une rivière, une des nombreuses du Nouveau-Brunswick, qui s'étend à perte de vue. Devant vous, sur la berge, se trouve un camp de bûcherons, un endroit fait pour dormir et manger, où vous pouvez momentanément vous reposer du rude travail en forêt. Bientôt, vous aurez à couper des arbres, à les convoyer et à les draver par flottage en descendant le courant jusqu'au moulin à bois, où les billes seront sciées puis écoulées sur le marché. Des bruits de haches et de scies résonnent autour de vous, ponctués çà et là par l'interjection « Timberrrrr ! »

Les luxuriantes forêts du Nouveau-Brunswick sont devenues une importante source de bois de sciage pour la Grande-Bretagne lorsque l'approvisionnement, provenant traditionnellement des pays situés autour de la mer Baltique, a été interrompu en raison des guerres napoléoniennes du début des années 1800. Au cours des mois d'hiver, des arbres étaient abattus et empilés. Le printemps venu, le bois était transporté par flottage le long des rivières du Nouveau-Brunswick jusqu'à des moulins à scie se trouvant en aval ou le long de la côte. À la fin du XIXe siècle, les techniques de traitement du bois ont évolué rapidement, facilitant la transformation de la matière première en une variété de marchandises propres à la vente, comme les planches, les boiseries décoratives et même les modestes mais essentielles allumettes.

La vie dans les camps de bûcherons était difficile et dangereuse, mais elle a produit une race d'hommes robustes et fiers de leur métier, dont la vie en forêt était gouvernée par un âpre code de conduite. Dans les camps, les conditions de vie étaient plutôt rudimentaires. Au XIXe siècle, en l'absence de syndicats, le travail du bûcheron était régi essentiellement par les conditions saisonnières et la longueur des jours. L'événement le plus excitant dans la routine du camp était probablement la drave du printemps, qui avait toutes les caractéristiques d'une aventure palpitante : travail vivifiant, action trépidante et dangers à faire dresser les cheveux sur la tête.

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l'industrie du bois de sciage a connu des changements technologiques accélérés, qui ont eu un impact sur l'ordinaire des travailleurs et leurs outils, ainsi que sur les méthodes de transport du bois et l'efficacité des moulins à scie. Dorénavant hautement mécanisée, l'industrie forestière exerce ses activités pendant toute l'année. Les moulins à scie fabriquant des produits finis en bois ont alors cédé la place à une importante industrie de pâte et papier, pendant que les chemins de fer, la scie à chaîne, le tracteur, le camion et l'abatteuse-tronçonneuse bouleversent irrémédiablement l'univers du bûcheron d'antan.